Prise d'otages à porte de Vincennes: A Paris, la vie a plus ou moins continué

TERRORISME Dans la capitale, l’ambiance était presque normale…

Constance Daulon

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Des policiers devant les galeries Lafayette, à Paris le 07 janvier 2015.
Des policiers devant les galeries Lafayette, à Paris le 07 janvier 2015. — FRANCOLON XAVIER/SIPA

Rue Buffault, dans le 9e arrondissement de la capitale, deux bâtiments juxtaposés sont plus que jamais concernés par le plan Vigipirate, ce vendredi. Le premier n’est autre qu’une synagogue et l’autre, une école élémentaire. Il est alors 17h, les prises d’otages de la porte de Vincennes et de Dammartin ne sont pas encore terminées. Devant le lieu de culte, deux policiers armés sont postés. En ce soir de Shabbat, ils expliquent au fur et à mesure que les cérémonies religieuses n’auront pas lieu jusqu’à nouvel ordre.

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«Je suis atterré. Notre communauté était évidemment visée, c’est Shabbat et c’est un supermarché kasher», déplore Jean Zeldman, habitant du quartier, en référence à la prise d’otages qui s’est déroulée Porte de Vincennes. Il cherchait «un lieu pour se recueillir, mais ce n’est pas le plus important ce soir, ce sont les personnes disparues».

A quelques mètres devant l’école, Caroline Gilbert vient chercher son deuxième enfant après être passée à la crèche. «Dès mercredi, un animateur de l’école nous a informés que les parents ne pouvaient plus rentrer et nous avons reçu les consignes de la directrice par mail.» Pour cette mère de deux enfants, les événements du jour sont «un peu flippants, mais tout est fait pour que ça s’arrête».

A chacun son impression

Dans les rues, les passants s’affairent, rentrent et sortent du métro, des cafés, des restaurants ou encore des boutiques. Les regards sont cependant attentifs quand les policiers patrouillent. Les pas ralentissent également à la moindre sirène de police ou de pompiers. «Il y a moins de monde», constate François Richard, venu de Pantin (Seine-Saint-Denis) pour faire des courses. Avant d’ajouter: «C’est épouvantable, je pense que tout le monde a peur au fond.»

A l’inverse, Mélissa Garofi a vu la même affluence dans le restaurant où elle est serveuse: «Les clients mangent, boivent, c’était pareil que les autres jours mais tout le monde ne parle que de ça.» Jeudi soir, elle pensait que l’établissement serait vide. «Ils étaient tous accrochés à leur téléphone, suivaient les événements en direct, angoissés, mais ils étaient là», ajoute la jeune femme.

De leur côté, Amel et Dalia sont venues à Paris en vacances. Dans le quartier des grands magasins, elles font du shopping ensemble mais n’ont pas du tout ressenti la journée de la même manière. «C’est le Paris de tous les jours», annonce d’emblée Amel, qui a trouvé les Français calmes et sereins. Pour Dalia, «les usagers du métro se regardent bizarrement et les rues sont très vides. On ne se croirait plus dans Paris, mais dans une ville fantôme». Les deux amies sont cependant d’accord sur un point: «Tout le monde ne parle que de ça.»