VIDEO. Le tireur de Montrouge, Amedy Coulibaly, a-t-il vraiment rencontré Nicolas Sarkozy?

ARCHIVE C'est ce que semble prouver un article réalisé par «Le Parisien» en 2009...

Céline Boff

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Qui est Amedy Coulibaly, le tireur de Montrouge et de la porte de Vincennes? — 20Minutes

C’était en juillet 2009. Le 15, précisément. L’édition locale du Parisien consacre un portrait à Amedi Coulibaly, un jeune homme alors âgé de 27 ans qui s’apprête à rencontrer dans l'après-midi le président de la République, Nicolas Sarkozy. S’agirait-il d’Amedy Coulibaly, l’homme identifié comme étant le tireur de Montrouge et peut-être même le preneur d’otages de Vincennes? C’est fort probable.

Au-delà du nom, même si le prénom semble mal orthographié dans le Parisien, l’âge correspond: Amedi Coulibaly a 27 ans en 2009 et Amedy Coulibaly, 32 ans aujourd’hui. La photo semble également correspondre. De plus, dans un portrait que L’Obs consacre au tireur de Montrouge, le journal précise qu’il avait été embauché par Coca-Cola à Grigny (Essonne)…

A cette époque, il s’est déjà converti à l’islam radical

Or, dans l’article du Parisien, c’est bien au titre de jeune travaillant sous contrat de professionnalisation à l’usine Coca-Cola du quartier de la Grande-Borne, à Grigny, qu’il va rencontrer le président Sarkozy. «Cela me fait plaisir. Je ne sais pas ce que je vais lui dire», raconte à l’époque le jeune homme au Parisien. Il sait seulement qu'il veut lui parler de son emploi qui se termine bientôt: «A la limite, si le président peut aider à me faire embaucher...», dit-il.

A cette époque, Coulibaly s’est déjà converti à l’islam radical. La bascule s'est faite au milieu des années 2000, lorsqu'il rencontre lors d’un séjour en prison Djamel Beghal, condamné en 2005 à 10 ans de prison pour avoir fomenté un attentat contre l'ambassade des États-Unis en France. «Je pense qu’il est sous sa domination», confie à 20 Minutes l’un des avocats de Coulibaly.

Un jeune homme très posé

Dans le portrait réalisé par Le Parisien, le jeune homme ne dit pas un mot sur la religion, il aborde seulement la politique, avec recul: «Dans les cités, auprès des jeunes, Sarkozy n’est pas vraiment très populaire. Mais cela n’a rien de personnel. En fait, c’est le cas de la majorité des politiques».

L’avocat d’Amedy Coulibaly, rencontré par 20 Minutes ce vendredi, dresse d’ailleurs le portrait d’un homme très posé: «Il n’a pas du tout le profil «racaille de cité». Il s’exprime correctement, il est très calme, il vous regarde dans les yeux».