«Mon angoisse, c’est que ça dure», témoigne un voisin de l’ Hypercacher à Vincennes

SOCIETE Un témoin voisin de l’Hypercacher où se déroule la prise d’otages témoigne pour «20 Minutes»…

Annabelle Laurent

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Members of the French police special force RAID walk with their equipment on the "peripherique" (circular road) in Saint-Mande, near Porte de Vincennes, eastern Paris, on January 9, 2015 to take their positions after at least one person was injured when a gunman opened fire at a kosher grocery store on January 9, 2015 and took at least five people hostage, sources told AFP. The attacker was suspected of being the same gunman who killed a policewoman in a shooting in Montrouge in southern Paris on January 8.  AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG
Members of the French police special force RAID walk with their equipment on the "peripherique" (circular road) in Saint-Mande, near Porte de Vincennes, eastern Paris, on January 9, 2015 to take their positions after at least one person was injured when a gunman opened fire at a kosher grocery store on January 9, 2015 and took at least five people hostage, sources told AFP. The attacker was suspected of being the same gunman who killed a policewoman in a shooting in Montrouge in southern Paris on January 8. AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG — ERIC FEFERBERG/AFP

«Je ne vous cache pas que le silence est un peu pesant». Depuis sa fenêtre, au 2e étage, qui donne sur l’avenue Joffre et la rue des Vallées, Bertrand Cazenave, un guide touristique contacté par 20 Minutes, aperçoit l’arrière de Hypercacher où se déroule ce vendredi une prise d’otages.

«Plus une âme qui vive dans le quartier»

«La police en gilets pare-balles, casques et armement lourd est postée devant ce qui pourrait être la position de sortie vers l’arrière de l’hypermarché. Le quartier est entièrement bouclé, Il n’y a plus une âme qui vive dans le quartier».

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La police a sonné chez lui plus tôt pour lui demander de rester chez lui. Les dernières personnes du quartier continuent d’être évacuées. «La pharmacie en bas de chez moi a servi de base arrière pour tous les gens qui étaient restés bloqués dans des halls d’immeuble. La police évacue encore des gens, j’en vois passer trois en bas.»

«Ça risque de péter tous azimuts»»

La police lui a fait signe, comme aux autres voisins, de rester éloigné des fenêtres. «S’il y a quelque chose qui pète, ça risque de péter tous azimuts», dit-il. «Des amis m’ont dit de fermer mes volets et mettre des armoires devant mes fenêtres, mais je n’ai ni l’un ni l’autre». Il plaisante: «Ils m’ont dit, Allô, t’as pas de volets, t’as pas d’armoires?»

Bloqué dans un camp militaire après le 11 septembre 2001

Il ne reste plus qu'à attendre. «On reste chez soi. L’angoisse majeure, c’est de se demander combien ça peut durer. La nuit entière, peut-être, ou des jours, même. Eux ont à bouffer et à boire». S'il semble être capable de plaisanter au téléphone, il confie être «particulièrement angoissé» à cause d’une précédente «expérience nauséabonde le 11 septembre 2001. J’étais dans un avion entre Paris et New York ce jour-là. J’ai passé cinq jours dans un camp militaire au Canada. Mes amis me disent que je suis un chat noir». 

«Beaucoup de monde faisait ses courses pour le shabbat, c’est la plus grosse épicerie cacher du coin», dit-il encore dans le silence pesant de son immeuble. «C'est un little Tel Aviv, avec une énorme communauté juive. Et les communautés vivent en très bonne intelligence.»