Attaque à «Charlie Hebdo»: Que sait-on de la «filière irakienne du XIXe arrondissement»?

TERRORISME Deux prises d'otages sont en cours, à Paris et en Seine-et-Marne. L'un des frères Kouachi a été membre de «la filière irakienne du XIXe arrondissement», tout comme le suspect de Montrouge qui a tué hier une policière municipale...

Jean-Luc Mounier

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Cherif Kouachi (à gauche) a fait partie de la "filière des Buttes-Chaumont"
Cherif Kouachi (à gauche) a fait partie de la "filière des Buttes-Chaumont" — SIPA

Alors que les frères Kouachi retiennent toujours en otage une personne à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), une autre prise d'otages a lieu Porte de Vincennes (Paris). Les suspects retranchés dans ces deux lieux ont un point commun: la «filière irakienne du XIXe arrondissement».

Plus connue sous le nom de «filière des Buttes-Chaumont», cette organisation a été une cellule de recrutement et d'envoi de djihadistes en Irak. Une dizaine de jeunes gens, domiciliés dans ce quartier du nord de la capitale française, sont partis pour le jihad. Rappels sur les principaux noms de cette filière démantelée en 2005.

Farid Benyettou, le prédicateur

C'est certainement le «chef» de la «filière des Buttes-Chaumont». Décrit comme «un spécialiste du Coran (...) qui fascine des garçons du quartier entrés en religion» dans un article de Libération en 2005, Farid Benyettou va être repéré par la police comme membre du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien et arrêté une première fois en 1998.

Il est ensuite arrêté en 2005 avec Chérif Kouachi et un troisième complice (Thamer Bouchnak), soupçonnés de vouloir partir au combat à Damas (Syrie). Farid Benyettou est alors condamné à six ans de prison.

Chérif Kouachi, l'un des suspects de la tuerie de Charlie Hebdo

Le suspect, retranché actuellement dans une entreprise dans une zone industrielle à Dammartin-en-Goële, a des liens plutôt étroits avec la «filière des Buttes-Chaumont». Le 25 janvier 2005, il avait été arrêté juste avant de décoller pour Damas (Syrie), après une veillée de prières chez Farid Benyettou.

«L’effet de groupe l’a conduit à montrer qu’il était un héros sans en mesurer les conséquences», justifie son avocat Me Olivier. Bien que condamné à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, Cherif Kouachi se serait radicalisé davantage lors de son séjour à la prison de Fresnes. À sa sortie il aurait continué le jihad avec son frère Saïd, l'autre suspect de la tuerie de Charlie Hebdo.