Les attaques se multiplient contre la communauté musulmane

INSECURITE Depuis l'attaque à «Charlie Hebdo» mercredi, les attaques se multiplient contre les musulmans et leurs lieux de culte...

Céline Boff

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Les mentions "Er Maez Arabed" ont été inscrites sur la façade de la mosquée de Rennes.
Les mentions "Er Maez Arabed" ont été inscrites sur la façade de la mosquée de Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

«Islam on va vous niquer–Charlie». Cette phrase en lettres rouges, inscrite le long d'une artère de Mâcon, illustre la tension qui monte à l’égard de la communauté musulmane. Depuis l’attentat perpétré mercredi matin contre Charlie Hebdo, les attaques se multiplient contre les musulmans et leurs lieux de culte.

Dans ce contexte, la chancellerie a diffusé en fin de journée une circulaire demandant aux juridictions de faire remonter les signalements d'actes islamophobes qui pourraient survenir. Sur Twitter, le hashtag #jesuislesmosqueesattaquees monte. 20 Minutes fait le point.

>> Ce vendredi

A Rennes (Ille-et-Vilaine), l’inscription bretonne «Er Maez Arabed» a été taguée sur la façade de la mosquée, rapporte notre correspondante locale. Traduction: «Arabe dégage». «C'est de la bêtise, c'est vraiment dommage», commentait sur place Brahim Ajddig Moulay, président du centre culturel islamique, qui participera dimanche à la marche silencieuse organisée à Rennes à 15h.

A Béthune (Pas-de-Calais), l’inscription «Dehors les Arabes» a été taggué en noir sur les tôles entourant le chantier de la future mosquée, rue Jean-Baptiste-Lebas. Un dessin représentant vraisemblablement une tête de cochon a également été peint, rapporte La Voix du Nord.

A Liévin (Pas-de-Calais), le chantier de la future mosquée a également été couvert de tags nazis durant la nuit, toujours selon La Voix du Nord. Les faits ont été découverts, vendredi matin, par les ouvriers qui venaient travailler sur le chantier. Sur les quelques pans de murs déjà debout de la future mosquée, plusieurs croix gammées ont été peintes à la peinture blanche. Une tête de porc a aussi été déposée sur le sol. La même source confirme également à 20 Minutes la présence de l'inscription «Charlie est vivant».

A Saint-Juéry (Tarn), quatre coups de feu ont été tirés par un ou plusieurs individus pendant la nuit dernière sur la façade de la mosquée, rapporte La Dépêche.

A Vendôme (Loir-et-Cher), des impacts de balles ont été relevés sur un tabac du quartier des Rottes et un lieu de prière de la rue de Montoire. «Il était 6h30 ce vendredi lorsque les employés du magasin tabac-presse du quartier des Rottes, à Vendôme, ont remarqué deux impacts dans la vitrine, tandis qu'à l'autre bout de la ville, Tahar Chabbi le président de l'association cultuelle relevait deux impacts sur les portes du lieu de prière situé rue Maréchal de Rochambeau», indique La Nouvelle République.

A Corte (Haute-Corse), une tête de porc et des viscères ont été découverts, accrochés à la porte d'une salle de prière musulmane. Une lettre, qui n'a pas été ouverte, a également été retrouvée sur les lieux et a été remise à la gendarmerie chargée de l'enquête.

A Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), les premiers fidèles de la mosquée ont découvert des tags haineux à la peinture jaune: «Charliberté», «Assassins» et «Sales arabes». Les auteurs de cet acte de vandalisme font référence à la tuerie de Charlie Hebdo, selon Sud-Ouest.

>> Jeudi 8 janvier

A Villefranche-sur-Saône (Rhône), une explosion d'origine criminelle a eu lieu vers 6 heures jeudi matin à proximité de la mosquée de dans un kebab. La vitrine du restaurant voisin du lieu de prière a été soufflée par l'explosion, au 249 rue de la Quarantaine. L’attentat n’a pas fait de blessé. Le député-maire UMP de la ville, Bernard Perrut a demandé la protection de la mosquée.

A Poitiers (Vienne), un suspect a été interpellé dans la nuit de mercredi à jeudi après avoir tagué «Mort aux Arabes» sur le grand portail de la mosquée de Poitiers. Le recteur de la mosquée, l'imam Boubaker El Hadj Amor, a déposé plainte pour ce tag haineux, qui a été effacé peu de temps après sa découverte et dont il ne restait plus aucune trace jeudi matin. Le suspect s'est excusé et dit avoir été «bouleversé» par l'attentat contre Charlie Hebdo et agi sous l'emprise de l'alcool.

A Mâcon (Saône-et-Loire), des inscriptions à la peinture rouge «Islam on va vous niquer–Charlie» ont été tracées le long d'une artère de la ville de Mâcon, chef-lieu de Saône-et-Loire. Plus précisément, deux inscriptions ont été découvertes jeudi matin. L'une a été tracée rue Carnot et l'autre derrière l'église Saint-Pierre. L'une de ces inscriptions était insultante et l'autre témoignait plutôt un soutien à Charlie Hebdo. Dès 9h du matin, les deux tags ont été effacés par les services municipaux.

>> Mercredi 9 janvier

Au Mans (Sarthe), trois grenades d'exercice, dites grenades à plâtre, ont été lancées dans la nuit de mardi à mercredi dans la cour de la mosquée des Sablons au Mans (Sarthe), indique Ouest-France. L'une d'elles a explosé sans faire de dégâts majeurs, selon le parquet. Il n'y a pas de blessé ni de revendication. Il n'y a pas eu d'interpellation.

A Port-la-Nouvelle (Aude), un ou plusieurs coups de feu ont été tirés en direction d'une salle de prière musulmane, vers 20h, une heure environ après la fin de la prière, alors que la salle était vide, a précisé le parquet de Narbonne, ajoutant que l'arme utilisée était un «pistolet à grenailles».

A Caromb (Vaucluse), une voiture appartenant à une famille de confession musulmane a été visée mercredi soir par balles dans une rue, rapporte Le Figaro. Il n'y a pas eu de blessés.

A Aix-les-Bains (Savoie), l'incendie n'est pas criminel

La mosquée de la commune a été victime d’un incendie jeudi vers 22 heures, après la dernière prière qui s’y est déroulée à 19 heures, mais il est d'origine accidentelle.