Attaque à «Charlie-Hebdo»: Saïd Kouachi est passé par le Yémen pour s’entraîner

TERRORISME Une source du renseignement américain affirme que le frère aîné s’est entraîné au Yémen en 2011…

Vincent Vantighem

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Loder est située à 150 km au nord-est de la ville de Zinjibar, chef-lieu de la province d'Abyane, contrôlée depuis près d'un an par les "Partisans de la Charia", un groupe affilié à Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa).
Loder est située à 150 km au nord-est de la ville de Zinjibar, chef-lieu de la province d'Abyane, contrôlée depuis près d'un an par les "Partisans de la Charia", un groupe affilié à Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa). — - afp.com

«Vous direz bien aux médias que c’est Al-Qaïda au Yémen!» La petite phrase lâchée par Saïd Kouachi, mercredi, au moment de braquer une voiture dans le 19e arrondissement de Paris pour s’enfuir prend tout son sens, ce vendredi matin.

>> Témoignage: Vous direz aux médias que c’est Al-Qaïda au Yémen

Une source du renseignement américain a affirmé, sous couvert d’anonymat, que le frère aîné, âgé de 34 ans, a voyagé au Yémen en 2011 où il s’est entraîné au maniement des armes. Toujours selon cette source, Saïd Kouachi a été entraîné par un membre d’Al-Qaïda au Yémen avant de rentrer en France. On ne sait pas, en revanche, s’il a côtoyé l’influent islamiste américain Anwar al-Awlaki, tué par la suite par une frappe de drone américain.

Armé d’un lance-roquettes

Mercredi, 20 Minutes a recueilli le témoignage d’un agent immobilier qui a assisté, dans le 19e arrondissement, au changement de voiture des criminels avant qu’ils ne prennent la fuite.

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Il raconte la scène. «Une voiture noire était arrêtée au milieu de la rue. Deux grands  habillés de façon militaire étaient sortis, dont un avec un lance-roquettes. Ils ont sorti un homme de la voiture qui était derrière. Et ils sont montés en disant "vous direz aux médias que c’est Al-Qaïda au Yémen". J’étais à 5 ou 10 mètres, ils sont repartis et la police est arrivée 5 minutes plus tard», raconte-t-il.

Ils étaient «sous surveillance»

Plusieurs questions restent sans réponse. Comment Saïd Kouachi a-t-il pu se rendre au Yémen sans éveiller les soupçons des autorités françaises. Selon Bernard Cazeneuve, les deux frères étaient «sous surveillance» mais «il n'y avait pas d'élément les concernant témoignant de l'imminence d'un attentat».