Attaque à «Charlie Hebdo»: A Hong Kong, Bruxelles, Sydney et Montréal, l'émotion des expatriés

VOUS TÉMOIGNEZ - Comment la tuerie est-elle perçue à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de Paris?...

Christine Laemmel

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Buenos Aires, le 7 janvier 2015 Lancer le diaporama
Buenos Aires, le 7 janvier 2015 — Arno Paillard

Un rassemblement dans la nuit, des gens assis, bras levés, brandissant une pancarte «Je suis Charlie», un discours et deux Marseillaises. Nous ne sommes pas place de la République à Paris mais sur Martin Place à Sydney, en Australie. «Les valeurs restent les mêmes, malgré les 17.000 km qui nous séparent», résume Jean-Christophe, en Working Holiday depuis quatre mois. Comme lui, Français de passage, expatriés et locaux, se sont rassemblés en masse aux quatre coins du monde. Témoignages. 

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Jean-Christophe et Julien, à Sydney, en Australie: «On se sent soutenu ici»

«Les Australiens sont horrifiés, peinés, et surtout de tout cœur avec nous. Ils ont vécu eux aussi des pertes pendant la prise d'otage du 15 décembre. Certains prononcent en français "Je suis Charlie", on se sent soutenu ici. D'ailleurs beaucoup d'Australiens se sont rendus au rassemblement à Martin Place.» Une fois réunis, Français et Australiens ont chanté ensemble la Marseillaise. «Probablement la plus triste mais également la plus belle que je n'ai jamais entendue, selon Julien. L'émotion était palpable et aujourd'hui je suis fier de ma France. #Jesuischarlie à Sydney aussi!» 
 

Hong Kong le 7 janvier 2015 - Adrien, internaute de «20 Minutes»
 

Adrien, à Hong Kong: «Un léger sentiment de frustration»

«Nous avons beau être loin, nous ressentons la chose comme n'importe qui en France... Peut-être avec un léger sentiment de frustration de ne pouvoir communier chez nous avec nos proches. La communauté française est très nombreuse à Hong Kong et particulièrement choquée. Nous n'avons pas décollé le nez de nos écrans de télé et de nos smartphones. Puis quelques Français ont cherché à se retrouver dans un bar. C'était un moment très poignant. Des bougies, une lecture du discours du Président de la République, une minute de silence et une Marseillaise
 

Montréal (Canada) le 7 janvier 2015 - Mélissa, internaute de «20 Minutes»

 

Elodie à Montréal, au Canada: «Quand la foule entame la Marseillaise hors de France, ça fout les frissons»

«C'était très touchant de voir toutes ces personnes rassemblées à l'autre bout de la planète pour la même cause. Bien sûr beaucoup de Français, mais des Québécois aussi, solidaires de leurs cousins. Je suis allée voir un policier, pour le remercier d'avoir accepté d'organiser ce rassemblement devant le Consulat français et il m'a dit que s'il ne devait pas travailler, il serait dans la foule avec nous. Beaucoup d'émotions donc, des larmes mais surtout une chanson. Quand la foule entière entame la Marseillaise dans un endroit hors de France, ça fout les frissons. Alors merci pour tout Montréal.»

 

Bruxelles, le 7 janvier 2014 - Sylvain Lhermitte, internaute de «20 Minutes»

Sylvain à Bruxelles, en Belgique: «Ce sont les valeurs portées par l'Union européenne qui étaient visées»

«Nous nous sommes retrouvés devant le Consulat de France à 18h. L’initiative, venue de quelques personnes impliquées par l'association Vivre ensemble, dont des Conseillers consulaires français en Belgique, a été suivie par de nombreux Belges et d'autres européens. C'est le symbole même de la liberté d'expression et de l'esprit des Lumières, c’est-à-dire des valeurs portées par l'Union européenne qui étaient visées. Nous portions l'emblème "Je suis Charlie" car, non, Charlie n'est pas mort et tous les défenseurs de la liberté resteront debout pour perpétuer l'esprit du journal. Nous avons même bloqué la petite ceinture de Bruxelles, ce qui aurait bien fait marrer les amis qui nous ont quittés!»