Attaque à «Charlie Hebdo»: Le possible réveil des identitaires

SOCIETE Un jour après la tuerie qui a déjà causé la mort de 12 personnes à «Charlie Hebdo», les mouvances identitaires commencent déjà à montrer les dents...

Jean-Luc Mounier

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Drapeau français, illustration.
Drapeau français, illustration. — PATRICK KOVARIK / AFP

L'attentat qui a causé hier la mort de 12 personnes à Charlie Hebdo va-t-il avoir des répercussions sur les Français de confession musulmane? À en croire les premiers messages des groupes identitaires, le terrain semble prêt aux amalgames de toute sorte.

Une première brèche a été ouverte hier en fin d'après-midi lorsque la présidente du Front National Marine Le Pen a appelé hier à «libérer (la) parole face au fondamentalisme islamique». Hasard ou coïncidence, plusieurs attaques ont été recensées contre des lieux des musulmans depuis mercredi soir.

Reprise politique du drame par le Bloc Identitaire

Le Bloc Identitaire (BI), mouvement politique d'extrême droite, a été prompt à réagir au drame survenu à Charlie Hebdo. Dans un communiqué publié mercredi après-midi, le BI a appelé à «lutter contre le djihadisme» en «(remettant) en cause l'immigration massive et l'islamisation de notre pays».

L'occasion pour le mouvement, cofondé par l'identitaire et soutien de Marine Le Pen Philippe Vardon, de réaffirmer le besoin d'un «sursaut national» patriotique.

Les identitaires s'organisent par texto... et sur les réseaux sociaux

Le climat actuel dans toute la France incite aussi plusieurs mouvances d'extrême droite à sortir dans la rue. C'est par exemple le cas de Génération Identitaire Lyon qui relaie par son message Facebook un appel à manifester ce jeudi à 20h «contre l'islam et ses dérives».

D'autres personnalités de l'extrême droite lyonnaise ont pris la parole pour... se désolidariser des morts de Charlie Hebdo. Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti, leaders respectifs des mouvement des Jeunesses Nationalistes et de l'Oeuvre Française dissout après l'affaire Clément Méric, se sont associés au hashtag #JeNeSuisPasCharlie.

Dans une déclaration publiée sur le site d'information nationaliste Jeune Nation, Yvan Benedetti parle aussi de «théorie du remplacement», un thème cher aux mouvements d'extrême droite, comme l'expliquait Le Monde en janvier 2014.