Attaque à «Charlie Hebdo»: Aqpa, Daesh, Al-Qaida, Al Nosra... Qui est impliqué dans la fusillade?

DECRYPTAGE L'attentat contre «Charlie Hebdo» n'a pas été clairement revendiqué...

Mathias Cena

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Strasbourg le 7 janvier 2015. Charlie Hebdo. Rassemblement en hommage au journal satirique Charlie Hebdo. Strasbourg
Strasbourg le 7 janvier 2015. Charlie Hebdo. Rassemblement en hommage au journal satirique Charlie Hebdo. Strasbourg — G. Varela \ 20 Minutes

«Vous direz aux médias que c’est Al-Qaida au Yémen», auraient lancé les auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo à un homme alors qu’ils le sortaient de sa voiture pour s’enfuir avec. En France, un millier de personnes sont concernées par les filières djihadistes menant à la Syrie et à l'Irak. Elles s’appellent Aqpa (acronyme de Al-Qaida dans la Péninsule arabique, la branche yéménite de l’organisation terroriste), Daesh, Al-Nosra… Qui est qui? Et qui est impliqué dans l’attentat de mercredi? 20 Minutes fait le point.

Aqpa - Al Qaida dans la péninsule arabique

La piste Aqpa est sérieusement envisagée par les enquêteurs, déclarait mercredi à 20 Minutes une source au sein de la DGSI. Outre les supposées déclarations des assaillants, ils se basent sur le fait que Charb, tué mercredi, était une cible de l’organisation, qui l’avait placé sur une liste de «recherchés, morts ou vifs, pour crimes contre l'islam» publiée au printemps 2013 par la revue djihadiste en anglais Inspire. Cette revue en couleurs, mise en ligne régulièrement par des membres anglophones d'Aqpa, demandait aux volontaires du monde entier de «défendre le prophète Mohamed» et clamait: «Une balle par jour tient les infidèles en respect».

Al Nosra – La branche syrienne d’Al-Qaida

Le Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaida, est apparu pendant la guerre civile qui déchire le pays depuis 2011, issu de la division d’Al-Qaida en Irak et en Syrie en deux entités distinctes. Issu de l’Etat islamique d’Irak, le Front al-Nosra défend un islam radical et l’application de la charia. Il a passé une alliance avec Daesh dans certaines régions de la Syrie pour combattre le «front révolutionnaire syrien», composé d’opposants modérés au régime de Bachar al-Assad et soutenu par les Etats-Unis. Le Front al-Nosra a revendiqué en décembre l’assassinat d’un soldat libanais en représailles à l’arrestation de l’ex-femme et de la fille du chef de Daesh, Abou Bakr al-Baghdadi.

Daesh / Organisation de l'Etat islamique (EI)

En visant les bureaux de Charlie Hebdo à Paris, les tueurs ont aussi semblé suivre les consignes données notamment par l'organisation de l'Etat islamique, aussi désigné par son acronyme arabe Daesh, dont les dirigeants sont irakiens, contrairement au front al-Nosra. Sur les réseaux sociaux, certains ont cru reconnaître la marque du groupe terroriste, qui a appelé plusieurs fois ses partisans à commettre des attentats sur le sol français.

«La question qui se pose maintenant, explique Louis Caprioli, ancien chef du contre-terrorisme à la DST, c'est: est-ce une opération isolée, à la Mohamed Merah, ou est-ce le début des opérations? Entre-t-on dans une autre dimension, avec une cellule passée à l'action? Un cycle de frappes est-il prévu, comme ce fut le cas à Paris dans les années 1980?» Jeudi, Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, a en tout cas prévenu que la France était «face à un risque exceptionnel qui peut conduire à d’autres manifestations de violence».