Attaque à «Charlie-Hebdo»: Chérif Kouachi, itinéraire d'un djihadiste déjà arrêté en 2005

DECRYPTAGE Considéré comme le suspect numéro un, Chérif Kouachi s’était illustré en 2005 dans une filière d’acheminement de djihadistes vers l’Irak…

Vincent Vantighem

— 

Opération policière dans le quartier de la "Croix-Rouge" le 7 janvier 2015 à Reims
Opération policière dans le quartier de la "Croix-Rouge" le 7 janvier 2015 à Reims — François Nascimbeni AFP

«On voyait bien que c’était un amateur. Mais, déjà à l’époque, il était très déterminé», confie à 20 Minutes un avocat qui le connaît bien. Considéré, avec son frère cadet Saïd, comme le suspect numéro un de l’attaque mortelle à Charlie Hebdo, Chérif Kouachi, 34 ans, n’est pas un inconnu des services de police.

>> En direct: Suivez tous les événements de la journée

Arrêté en 2005 dans le 19e arrondissement de Paris, le jeune homme avait alors le projet de se rendre en Irak pour faire le djihad. Dans cette affaire, il avait été condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis.

Orphelin et livreur de pizzas

A l’époque, Chérif Kouachi vivote avec ses copains de quartier autour des Buttes-Chaumont. Orphelin, il a grandi dans un foyer de Rennes avant de rejoindre la capitale. Un brevet d’éducateur sportif en poche, il ne parvient qu’à trouver un emploi de livreur de pizzas. C’est une rencontre avec Farid Bennyatou qui va changer le cours de sa vie.

>> Portrait: Qui sont les frères Kouachi? 

«Farid Bennyatou avait plus de connaissances de l’arabe que les autres du groupe, confie Christophe Grignard, son ancien avocat. C’est autour de lui que les premiers contacts pour un voyage vers l’Irak se sont organisés…» Mais les apprentis djihadistes ne sont pas rodés. En guise d’entraînement, ils effectuent un jogging dans un stade sans âme sous la pluie. Le projet prévoit de les faire décoller pour Damas (Syrie) le 25 janvier 2005 où un jeune de 14 ans doit leur fournir des armes et les mettre en contact. Ils ne décolleront jamais. La veille du départ, Chérif et ses comparses sont arrêtés.

Un profil «de fumeur de shit des cités»

«Il avait la trouille de partir», lâche à l’audience Vincent Ollivier son avocat qui estime à l’époque que son client a plus «le profil d’un fumeur de shit des cités que d’un islamiste du Takfir.» D’ailleurs, il fume, il boit et a une petite amie avant le mariage.

>> Zapping: Les dessinateurs contre-attaquent

«Les jeunes de cette filière étaient des amateurs. Mais ils avaient le parfait profil pour être endoctrinés», poursuit Christophe Grignard, l’avocat de Farid Bennyatou. D’après Vincent Ollivier, Cherif Kouachi a même accueilli son arrestation, à l’époque, avec soulagement. «Il ne cesse de remercier la justice de l’avoir mis en prison, confie-t-il à l’audience. Depuis, une boule a disparu de son ventre…» Incarcéré à Fresnes (Val-de-Marne), le jeune homme aurait passé son temps à faire du sport et à prier.