Attaque à «Charlie Hebdo»: L’Etat réagit après l'attentat

SÉCURITÉ Les autorités s'emploient à renforcer la sécurité et ont décidé d'une réunion interministérielle de crise...

Bérénice Dubuc

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François Hollande devant le siège de Charlie Hebdo à paris après l'attaque du journal qui a fait 12 morts, le 7 janvier 2015
François Hollande devant le siège de Charlie Hebdo à paris après l'attaque du journal qui a fait 12 morts, le 7 janvier 2015 — Kenzo Tribouillard AFP

Après l’attaque de Charlie Hebdo, qui a fait 12 morts et plusieurs blessés ce mercredi matin, les autorités sont mobilisées. Passage en revue des principales mesures mises en œuvre.

En Ile-de-France, le plan Vigipirate relevé au niveau «alerte attentat»

Le Premier ministre Manuel Valls a décidé de relever le plan Vigipirate à son niveau le plus élevé pour l'ensemble de la région Ile-de-France. La surveillance de la région parisienne est renforcée, notamment «les organes de presse, grands magasins, sites touristiques, lieux de culte ainsi que les transports» font désormais l’objet d’une «protection renforcée». Six compagnies de CRS et escadrons de gendarmerie mobile, soit près de 500 hommes, ont «d'ores et déjà été déployés en renfort sur Paris», a indiqué l'Intérieur. Ces renforts portent à «16 le nombre de forces mobiles engagées sur Paris et la petite couronne. D'autres forces sont en transit ou en position d'alerte», précise dans un communiqué le ministère.

Autre conséquence de ce passage au niveau de protection maximal, le stationnement des véhicules est interdit devant les établissements scolaires. Les sorties scolaires et les activités hors établissement ont été suspendues dans les académies de Paris, Créteil et Versailles. La sécurité a par ailleurs été fortement renforcée aux abords du palais de l’Elysée, où des policiers, porteurs de gilets pare-balles et d'armes automatiques, ont été déployés.

L’agenda du gouvernement bouleversé

Le chef de l’Etat n’a pas attendu longtemps avant de bouleverser ce mercredi matin son agenda. Il s'est rendu sur les lieux du drame moins d'une heure après l'attaque. Le ministre de l’lntérieur, Bernard Cazeneuve, était à ses côtés. Le chef du gouvernement, Manuel Valls, s’est également rendu sur place un peu plus tard, tout comme la ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin. Une réunion interministérielle de crise réunissant, autour de François Hollande et du Premier ministre, Bernard Cazeneuve (Intérieur), Jean-Yves Le Drian (Défense), Christiane Taubira (Justice), Laurent Fabius (Affaires étrangères) et Fleur Pellerin (Culture et Communication), ainsi que les responsables des principaux services de police et de gendarmerie a par ailleurs débuté peu après 14h à l’Elysée.

De plus, François Hollande doit intervenir de nouveau solennellement à 20h à la télévision. Si le président a décidé de maintenir la cérémonie de vœux aux autorités religieuses prévue à 18h à l’Elysée, qui se déroulera à huis clos, il a en revanche décidé d’annuler la traditionnelle remise de la galette de l'Epiphanie et de reporter ses vœux aux corps constitués initialement prévus jeudi matin. Les présidents de groupe parlementaire ont été invités à l'Elysée jeudi.

Les drapeaux en berne

En signe de deuil, les drapeaux ont été mis en berne mercredi dans les principaux centres du pouvoir exécutif et législatif, comme l'Elysée, Matignon, l'Assemblée nationale et le Sénat.

L’«union nationale» du corps politique

Dans un communiqué commun, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), et les chefs de file de tous les groupes politiques ont appelé à «l'union de toutes les forces républicaines pour défendre sans concession et sans faiblesse cette France que nous aimons tant». Ils ont également appelé à l'union nationale «autour de l'affirmation de valeurs et principes au fondement de notre République: la liberté sous toutes ses formes, et notamment la liberté d'expression, la liberté d'information, la liberté de comprendre, la laïcité».