Attaque meurtrière à «Charlie Hebdo»: Les précédentes agressions contre les médias

FAITS DIVERS Les journalistes ont été régulièrement la cible de violences depuis 1980...

Delphine Bancaud

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Capture d'écran d'une vidéo BFMTV du tireur présumé de «Libération» Abdelhakim Dekhar.
Capture d'écran d'une vidéo BFMTV du tireur présumé de «Libération» Abdelhakim Dekhar. — BFM TV

Le siège du journal Charlie Hebdo a été visé ce mercredi par des tirs d'armes automatiques, qui ont fait selon un bilan provisoire douze morts. Ce n’est pas la première fois que des médias sont pris pour cible ces dernières années. 20 minutes rappelle les précédents depuis 1980.

Le 18 novembre 2013, un blessé grave à Libération

Un homme pénètre dans les locaux de Libération armé d’un fusil et blesse grièvement un assistant photographe. Le présumé auteur de cette agression, Abdelhakim Dekhar, est arrêté quelques jours plus tard. Cet ancien des milieux de l'ultra-gauche affirmera par la suite avoir «commis un acte politique pour créer un électrochoc et interpeller l’opinion publique sur la politique menée à l’encontre des gens d’origine».

Le 15 novembre 2013, irruption d’un homme armé dans les locaux de BFM TV

Un homme armé d’un fusil de chasse s’introduit dans le hall du siège de BFM TV, situé à Issy-les-Moulineaux. Il menace un directeur adjoint de BFM TV, qui venait chercher du courrier. Et repart. L’enquête révélera ensuite que le suspect est Abdelhakim Dekhar, le «tireur» présumé de Libération.

2 novembre 2011, le siège de Charlie Hebdo incendié

Le siège de Charlie Hebdo boulevard Davout à Paris, est détruit dans un incendie criminel, le jour où le journal satirique publie une édition rebaptisée «Charia Hebdo», avec le prophète Mahomet caricaturé en Une. Son site internet est piraté: la page d'accueil est remplacée pendant plusieurs heures par une photo de la mosquée de La Mecque avec ce slogan: «No God but Allah» («Pas d'autre Dieu qu'Allah»).

Octobre 2004: le siège de L'Humanité incendié

Le siège du quotidien communiste L'Humanité, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), est endommagé par un incendie. Le journal reçoit deux jours plus tard une lettre de menaces signée d'une croix gammée, faisant le lien entre l'incendie et la dénonciation par le quotidien de la profanation de tombes juives en Alsace. En novembre et décembre, les locaux du journal subissent trois départs d'incendie et la rédaction reçoit des lettres de menace à caractère raciste.

Juin 1997, Corse Matin encore pris pour cible

un attentat vise à Ajaccio les locaux de la rédaction du quotidien régional Corse-Matin, édition insulaire de Nice-Matin. Le journal avait déjà été visé 1992 et 1994 par des attaques non revendiquées.

Janvier 1991, Libération est déjà attaquée

Un attentat à l'explosif endommage l'entrée du siège de Libération, rue Béranger à Paris. Un tract non signé, abandonné sur place, lie l'attaque à la couverture de la guerre du Golfe par le journal

Juillet 1988, une bombe explose à Globe

L'explosion d'une bombe artisanale et l'incendie qui s'en suit dévastent les locaux du mensuel de gauche Globe, rue Richer à Paris. Un pompier est blessé en luttant contre l'incendie.

En janvier 1987, Jeune Afrique est pris pour cible

Un attentat à l'explosif fait des dégâts légers dans les locaux de Jeune Afrique, avenue des Ternes à Paris. L'hebdomadaire avait déjà été visé, en 1986, par une attaque revendiquée par le club d'extrême droite Charles Martel.

En août 1982 et avril 1985, des attaques contre Minute

Les locaux de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute, avenue Marceau à Paris, sont la cible d'attentats à l'explosif qui provoquent d'importants dégâts matériels. Ils sont revendiqués par le groupe Action Directe. Minute avait déjà été visé par des attentats à l'engin explosif et à la voiture piégée en 1971, 1974 et 1975.

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