Caritatif: Les micro-dons remportent un maxi succès

SOLIDARITE Opération Pièces jaunes, arrondi à la caisse... Les Français effectuent de plus en plus de petits gestes de générosité...  

Delphine Bancaud

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Une collecte pour l'opération Pièces jaunes.
Une collecte pour l'opération Pièces jaunes. — DURAND FLORENCE/SIPA

Des micro-dons qui produisent parfois de grands effets. C’est mercredi qu’aura lieu le lancement de l’opération Pièces jaunes. L’occasion pour 20 Minutes de jeter un coup de projecteur sur les petits gestes de solidarité qui gagnent de plus en plus de terrain en France. Pour preuve: les occasions de donner quelques centimes pour une bonne cause se sont multipliées ces dernières années.

Précurseur dans ce domaine, l’opération Pièces Jaunes née il y a vingt-six ans, a fait beaucoup d’émules: l’arrondi en caisse (qui permet au client de régler ses achats à l’euro supérieur pour participer à une action de solidarité), l’arrondi sur salaire (qui fonctionne sur le même principe), les produits dont une partie du prix d’achat est reversée à une association, les baguettes ou les cafés suspendus (qui sont payés par un client et mis en attente pour que des personnes dans le besoin viennent les récupérer)…

Créer le réflexe du don

Une tendance qu’explique Nolwenn Poupon, responsable des études chez France Générosités: «Ces micro-dons représentent pour les associations un excellent moyen de mobiliser des nouveaux donateurs. Car le plus difficile est de passer des bonnes intentions aux actes. Le fait de donner une fois de manière spontanée quelques centimes peut inciter à donner à nouveau et entraîner un cercle vertueux.» Un avis partagé par Jacques Malet, président de Recherches et solidarités: «Avec les micro-dons, on touche un public différent: les jeunes et les personnes qui ne sont pas prêtes à donner beaucoup. Et ces petits gestes adossés à un acte de la vie quotidienne constituent une éducation à la générosité.» L’opération Pièces jaunes permet ainsi à beaucoup d’enfants et à des personnes aux revenus modestes de participer à une bonne action. «Et les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, les donateurs savent que mises bout à bout, leurs contributions permettent vraiment d’agir sur le terrain», souligne Danuta Pieter, déléguée générale de la Fondation des Hôpitaux de Paris, qui pilote l’opération Pièces jaunes.

Des contributions non négligeables

D’ailleurs en 2014, la collecte de petites pièces via les tirelires a rapporté 2,2 millions d’euros (+5% par rapport à 2013). Un chiffre en croissance depuis ces trois dernières années. Il est également possible depuis trois ans de faire un don d’un euro par SMS, ce qui a rapporté 80.000 euros à la Fondation des Hôpitaux de Paris en 2014. De son côté, Pierre-Emmanuel Grange, fondateur de microDON, qui a mis en place l’arrondi à la caisse, sur salaire, sur le paiement en ligne et sur le relevé bancaire, a vu ces petits gestes se multiplier ces dernières années. «En 2014, 600.000 euros ont été collectés sur l’ensemble de ces dispositifs. Soit le double de 2013. Et ce n’est qu’un début. Car en Angleterre, pays qui est plus en avance que nous sur le sujet, l’arrondi sur salaire permet de collecter 155 millions de livres par an», explique-t-il.

Pour booster le dispositif, microDon incite d’ailleurs les entreprises qui ont mis en place le don sur salaire à contribuer à leur tour, en doublant le versement du salarié à une association. Le concept des baguettes suspendues est lui aussi en plein essor. Si en janvier 2014, il était proposé dans 90 boulangeries, il l’est désormais dans 139. Un succès qui a cependant un bémol, selon Jacques Malet: «Il ferait presque oublier que les dons significatifs restent nécessaires pour faire fonctionner les associations.»