Perpignan supprime ses bancs publics pour lutter contre les réunions de SDF

SOCIETE Une association écologiste dénonce cette mesure…

A.Ch. avec AFP

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Un SDF présente l'exemple d'un banc anti sans-abri à Toulouse en 2005
Un SDF présente l'exemple d'un banc anti sans-abri à Toulouse en 2005 — BORDAS/SIPA

L'association écologiste des Pyrénées-Orientales Frene 66, la branche locale de France Nature Environnement, dénonce lundi la disparition récente de la plupart des bancs publics de la ville, accusés de favoriser les réunions de SDF. L'adjoint au maire en charge de l'urbanisme et de l'aménagement Pierre Parrat, interrogé lundi par l'AFP, récuse tout systématisme, revendiquant seulement la volonté de «modifier des aménagements pouvant générer des nuisances».

Remplacés par des bancs «qui n'incitent pas à s'entasser ou se vautrer»

De son côté, le président de l’association écologiste, Marc Maillet, assure qu’«Il y avait déjà peu de bancs à Perpignan, mais au cours du dernier mois, ce sont plusieurs dizaines de places qui ont été supprimées nuitamment». Il relève que dans un cas au moins, les habitants d'un immeuble s'étaient plaints de voir des marginaux ou SDF se regrouper et s'installer sur le banc de l'ex-jardin Bausil, mais souligne-t-il, «si on ne voit plus les pauvres, cela ne voudra pas dire qu'il n'y a plus de pauvreté».

Pierre Parrat reconnaît que la municipalité «a supprimé cinq ou six bancs sur les allées Bausil car les associations de riverains dénonçaient des nuisances nocturnes venant de toutes sortes de gens et pas seulement de SDF». Il assure que la mairie «remplacera sans doute certains des bancs de quatre places supprimés par des bancs à une place où on peut se reposer dans la journée mais qui n'incitent pas à s'entasser ou se vautrer».

Des «sièges pour culs pointus»

Marc Maillet de son côté proteste contre les quelques exemplaires déjà réalisés de ces «sièges pour culs pointus» et dénonce plus largement «le modelage de la ville pour la bagnole et la mercantilisation de l'espace avec l'envahissement des places par les terrasses de restaurant, pratiqués selon lui à Perpignan depuis le mandat du maire Jean-Paul Alduy (prédécesseur de M. Pujol, UMP puis UDI). «Les bancs publics, c'était sans doute trop subversif et surtout gratuit» souligne Frene 66 sur le site de l'association.

La pose, la veille de Noël à Angoulême, de grillages sur des bancs placés devant une galerie commerçante, avait suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et parmi les politiques, saluée par les uns comme une réponse aux incivilités et à la mendicité agressive, mais dénoncée par les autres comme une initiative honteuse et discriminatoire à l'égard des SDF. Les grillages ont été retirés «provisoirement» dès le 26 décembre.