VIDEO. Essonne: Un maire refuse l'inhumation d'un bébé rom «par manque de place»

FAITS DIVERS «Priorité est donnée à ceux qui paient leurs impôts locaux», a simplement expliqué le maire, accusé par certains de racisme...

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un cimetière.
Illustration d'un cimetière. — G.Durand/20 Minutes

Il a refusé qu'un bébé rom, une petite fille décédée le lendemain de Noël, soit enterré dans le cimetière municipal faute «de place». L'émotion est intense, certains l'accusent de racisme mais Christian Leclerc, maire de Champlan, en Essonne, refuse de s'expliquer. «Nous avons peu de places disponibles», a simplement affirmé mercredi l'élu divers droite, selon des propos rapportés par le Parisien. «Priorité est donnée à ceux qui paient leurs impôts locaux».

Selon Loïc Gandais, président de l'association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms (ASEFRR), l'édile a aussi «prétexté que la mort» du bébé «avait été déclarée à Corbeil-Essonnes». «C'est du racisme, de la xénophobie et de la stigmatisation», estime-t-il.


Refus d'inhumation d'un bébé rom : une... par 20Minutes

Christian Leclerc, chevalier de la Légion d'honneur lors de la promotion du 1er janvier 2012, ne peut lui répondre: il est injoignable.

«La maman a voulu lui donner le sein à 5h et la petite fille était froide»

Selon l'ASEFRR, le bébé, né le 14 octobre 2014 et prénommé Maria Francesca, est décédé dans la nuit du 25 au 26 décembre. «La maman a voulu lui donner le sein à 5h et la petite fille était froide. Elle était morte», a précisé Marie-Hélène Brelaud, membre de l'association, qui suit la famille «depuis huit ans».

Le bébé est alors transporté par les secours dans un hôpital de Corbeil-Essonnes, où son décès est officiellement prononcé le 26 décembre, a-t-elle ajouté. Deux médecins ont expliqué à la famille, en présence de Marie-Hélène Brelaud, qu'il était décédé de la mort subite du nourrisson.

A la demande de la famille, une entreprise de pompes funèbres de Corbeil-Essonnes a demandé à la municipalité l'autorisation d'inhumer le nourrisson dans le cimetière de Champlan. Le maire a refusé. Il n'a donné «aucune explication», a raconté à l'AFP Julien Guenzi, gérant des pompes funèbres Lescarcelle à Corbeil. «Il n'est pas obligé de se justifier, mais des réponses comme ça, c'est très rare», a-t-il ajouté.

Finalement inhumée à Wissous

La petite fille sera finalement inhumée lundi à Wissous, près de Champlan. «Une mère qui a porté un enfant pendant neuf mois et qui le perd à deux mois et demi, ce n'est pas la peine d'aggraver sa douleur», a dit à l'AFP le maire UMP de Wissous, Richard Trinquier, invoquant un «souci d'humanité».

L'ASEFRR prendra en charge les frais d'obsèques, la famille ayant financé l'achat du cercueil, a précisé l'association, qui ne compte pas porter plainte. «Sur le plan moral, c'est absolument contestable, mais sur le plan juridique, on ne pourra pas faire grand-chose», a souligné Loïc Gandais.

«Perdre un bébé est un chagrin universel. Se voir refuser, pour lui, une sépulture est une inhumaine humiliation», a tweeté la secrétaire d'Etat à la Famille, Laurence Rossignol.

Selon la loi, les proches d'un défunt doivent demander l'autorisation d'inhumation au maire de la commune du cimetière choisi. Il peut être inhumé dans la commune où il habitait, dans celle où il est mort, ou là où se trouve un caveau familial. Dans les autres cas, les maires peuvent s'opposer à l'inhumation.