Nancy: Diagnostiquée myopathe à tort, elle réclame 100.000 euros

SANTE Traitement médicamenteux, séances de rééducation, arrêt de travail… Selon son avocat, toute la vie de sa cliente s’est écroulée à la suite de ce diagnostic remis en cause aujourd’hui…

20 Minutes avec AFP
— 
Nancy
Nancy — capture d'écran Google map

Une femme de 45 ans, soignée pour une myopathie depuis 2008, mais dont le diagnostic de sa pathologie a depuis été remis en cause, réclame 100.000 euros de provision de dommages et intérêts au centre hospitalier de Nancy, a-t-on appris vendredi auprès de son avocat.

Cette habitante de Meurthe-et-Moselle se plaignait de douleurs articulaires. En 2008, au centre hospitalier de Nancy, elle est diagnostiquée myopathe. Cette maladie génétique entraîne une dégénérescence musculaire.

«Toute sa vie s’est écroulée»

«Après ce diagnostic posé par l'hôpital, et sans chercher à en savoir davantage, la médecine du travail l'a mise en invalidité totale. Elle a par ailleurs subi un traitement médicamenteux dont on ne mesure pas les conséquences», a expliqué à l'AFP son avocat, Me Yves-Pierre Joffroy, confirmant une information du quotidien Le Républicain lorrain.

«Elle a également dû subir des séances de rééducation deux jours par semaine pendant six ans. On a missionné un ergothérapeute pour réaménager son logement. Toute sa vie s'est écroulée, toute la vie de sa famille a été orientée vers une vie de souffrance», a-t-il souligné.

Une nouvelle neurologue pointe des anomalies

Mais, selon l'avocat, début 2014, une nouvelle neurologue de l'hôpital de Nancy a repéré «des anomalies et des contradictions dans le dossier médical», ce qui a conduit les médecins, après de nouveaux examens, à revoir leur diagnostic initial.

«On lui a dit qu'elle n'avait pas eu de myopathie et qu'il fallait prévoir un sevrage du traitement médicamenteux qu'elle recevait», a affirmé Me Yves-Pierre Joffroy, qui a décidé de saisir le tribunal administratif de Nancy pour demander une expertise sur les effets du traitement médicamenteux inapproprié et réclamer 100.000 euros de provision avant une indemnisation définitive.

«Elle a subi une perte de chance dans l'évolution de sa carrière, puisqu'elle a dû arrêter de travailler. Et nous considérons qu'il n'est pas sérieusement possible de contester le fait qu'il y a eu une erreur de diagnostic», a estimé l'avocat.

La patiente ne sait toujours pas de quoi elle souffre

Dans un communiqué transmis à l'AFP, l'hôpital observe que «les éléments exposés ne semblent pas refléter la complexité des dossiers dont l'examen a été demandé à des experts médicaux indépendants» et refuse de s'exprimer «sur le suivi médical des patients ou sur des procédures en cours».

Selon la patiente, qui souhaite garder l'anonymat, «les médecins ne savent toujours pas aujourd'hui de quoi (elle) souffre». «L'annonce de cette maladie m'a fait vivre au ralenti, ça a été un cercle vicieux», a-t-elle expliqué à l'AFP, en précisant qu'elle ne recevait aujourd'hui plus aucun traitement.