La vague de froid tue six sans-abri en France

LOGEMENT Les associations dénoncent la gestion de l'hébergement d'urgence...

W.M. avec AFP

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Illustration d'un SDF dans les rues de Paris, en 2009.
Illustration d'un SDF dans les rues de Paris, en 2009. — YAGHOBZADEH RAFAEL/SIPA

Trois morts en région parisienne, un sur la Côte d'Azur, un dans l'Aveyron et un autre dans le Nord... La vague de froid qui frappe une grande partie de la France a tué au moins six sans-abri, malgré un renforcement des capacités d'accueil des plus démunis.

  • Paris

Un homme de 50 ans a été trouvé dimanche soir à Paris par les services de secours en état d'hypothermie sur une place du 13e arrondissement. Une autopsie est en cours mais, selon la mairie de Paris, il est «manifestement» mort à cause du froid.

  • Seine-et-Marne

Deux autres SDF, qui avaient trouvé refuge dans un squat en Seine-et-Marne pour se protéger des températures glaciales, sont morts dans un incendie mardi matin, vraisemblablement après avoir tenté de faire un feu, selon la police.

  • Rodez

A Rodez, un sans-abri belge de 42 ans a été retrouvé mort mardi midi dans un chantier où il s'était abrité.

  • Mandelieu

Même la Côte d'Azur n'est pas épargnée. A Mandelieu-la-Napoule, le corps d'un autre sans-abri belge de 46 ans avait été découvert dimanche sous sa tente, a annoncé mardi la préfecture. «Le froid, combiné à l'alcoolémie» et à un vent glacial semblent à l'origine du décès.

  • Douai

La veille, un jeune de 29 ans qui, selon la préfecture, avait plusieurs fois décliné «les propositions d'hébergement» du SAMU social, était trouvé inanimé à Douai, dans le Nord.

1.454 places libres

La chute attendue des températures et l'instauration d'un niveau de vigilance orange dans différents départements ont conduit de nombreuses villes à augmenter leurs capacités d'hébergement d'urgence. La préfecture de Paris a ouvert mardi 50 nouvelles places au bénéfice des familles dans l'est de la capitale.

En Ile-de-France, 1.454 places sont disponibles dont 752 à Paris. La préfecture du Nord a mis en place 300 places d'hébergement en plus des 11.600 existantes tout au long de l'année. En Gironde, 860 places d'hébergement sont ouvertes, pour un taux d'occupation de 93%.

A Toulouse, la mairie a déclenché l'ouverture de 72 lits d'urgence dans deux structures municipales, qui ont accueilli au total 51 personnes dans la nuit de lundi à mardi. Selon le responsable d'un des centres, certains sans-abri préfèreraient aller dans des squats où ils n'ont pas à se plier aux règles du foyer d'urgence, comme de se lever à 06H00 par exemple.

«Une gestion au thermomètre»

Florent Gueguen, directeur général de la Fnars, a dénoncé «un manque d'anticipation et de préparation de la part du gouvernement». «On fait une gestion au thermomètre. On attend qu'il fasse -5°C pour ouvrir des places supplémentaires alors que les locaux existent et que les associations sont prêtes à accueillir le public», regrette-t-il.

Christophe Louis, président de l'association «Les Morts de la rue», rappelle qu'il y a «des décès tout au long de l'année», et demande que «les places ne soient pas seulement ouvertes en période hivernale, mais tout au long de l'année».

De son côté, le gouvernement a rappelé sa «mobilisation» dans la lutte contre la pauvreté et l'exclusion.