Bancs publics de Perpignan: Des précédents en matière de dispositifs anti-SDF

SOCIETE Plusieurs municipalités sont déjà intervenues sur le mobilier urbain pour déplacer les sans-abri...

Jean-Luc Mounier

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Les bancs grillagés d'Angoulême font suite à d'autres aménagements urbains anti-SDF. AFP PHOTO PIERRE DUFFOUR
Les bancs grillagés d'Angoulême font suite à d'autres aménagements urbains anti-SDF. AFP PHOTO PIERRE DUFFOUR — AFP

Des bancs publics indésirables. Accusées de favoriser les réunions de SDF, certaines installations ont été supprimées à Perpignan. C'est ce qu'a dénoncé ce lundi l'association écologiste des Pyrénées-Orientales Frene 66, branche locale de France Nature Environnement. Fin décembre, c'était la municipalité d'Angoulême (Charente) qui avait fait polémique avec son projet de bancs publics grillagés pour déplacer les sans-abri, avant de rétropédaler provisoirement. Mais ces initiatives étaient loin d'être des premières.

Le phénomène de réaménagement du mobilier urbain faisait déjà parler de lui en 2009. Olga Trostiansky, alors adjointe PS de Bertrand Delanoë chargée de l'exclusion, déclarait alors au journal Le Parisien: «Il faut prendre en considération la situation des riverains ou des commerces. Ces installations peuvent avoir notamment un intérêt quand la sécurité des exclus est en jeu. Mais, selon moi, c'est une mauvaise solution de vouloir ainsi chasser les sans-abri.»

Dans les couloirs du métro parisien

Bancs incurvés, chaises séparées... L'aménagement du mobilier urbain sous Paris semble fait pour que les SDF ne s'installent pas dans les stations et/ou couloirs du métro parisien. Comme le montre cette vidéo publiée en 2009, se coucher sur un banc de la RATP revient à se contorsionner comme un «fakir» :

Copropriétés, banques et commerces ne sont pas en reste

Les initiatives privées pour limiter la présence des SDF devant les boutiques, banques ou copropriétés se sont multipliées ces dernières années. Pics métalliques, plots en béton, cactus, décorations... Plusieurs aménagements de la sorte sont présents aujourd'hui dans les rues françaises. Des aménagements qu'a pris soin de photographier depuis 2007 le collectif Survival Group, avec une galerie où sont archivées les «excroissances urbaines anti-SDF».

Que dit la loi ?

Un arrêté sur le mobilier urbain publié en octobre 2012 au Journal Officiel définit «les nouvelles normes qui s'appliquent aux obstacles installés» dans les espaces publics... pour les aménagements effectués après le 1er avril 2013. On y apprend notamment qu'une borne nouvellement installée doit faire au moins 50 centimètres de hauteur, et 1,10 mètres minimum pour un poteau. La finalité? Rendre la voirie plus accessible aux personnes malvoyantes. Et aussi peut-être de réglementer les dispositifs anti-SDF.