Agression de policiers à Joué-les-Tours: Manuel Valls promet la «sévérité de l'Etat»

FAITS DIVERS Un homme a agressé des policiers aux cris d'«Allahou Akbar» avant d'être abattu. Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête...

M.G. avec AFP

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Le Premier ministre, Manuel Valls, à l'Hôtel Matignon à Paris, le 16 décembre 2014
Le Premier ministre, Manuel Valls, à l'Hôtel Matignon à Paris, le 16 décembre 2014 — Kenzo Tribouillard AFP

Un homme d'une vingtaine d'années a agressé des policiers avec un couteau en criant «Allahou Akbar» , au commissariat de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), avant d'être abattu, et le parquet antiterroriste s'est aussitôt saisi de l'enquête qui s'oriente vers l'«islamisme radical».

«Cela ressemble au mode d'action préconisé par le groupe Etat islamique», qui mène le jihad en Syrie et en Irak, «de s'en prendre ainsi aux forces de l'ordre», a déclaré une source proche de l'enquête. «L'enquête s'oriente vers un attentat (...) motivé par l'islamisme radical.»

Le Premier ministre Manuel Valls a apporté son «soutien» aux policiers «gravement blessés et choqués», promettant «la sévérité de l'Etat» à «ceux qui s'en prennent à eux».

Vers 14h, un homme d'une vingtaine d'années armé d'un couteau s'est présenté au commissariat et a blessé au visage un policier qui se trouvait à l'accueil, ainsi que deux autres. Les pronostics vitaux des trois policiers ne sont plus engagés, a précisé le procureur de la République à Tours Jean-Luc Beck.

L'agresseur, un Français né au Burundi en 1994, «a crié "Allahou Akbar" (Dieu est grand, en arabe NDLR) du moment où il est entré jusqu'à son dernier souffle», a affirmé une source proche de l'enquête.

Selon le ministère de l'Intérieur, il a ensuite été «abattu» par «des policiers présents, qui ont fait usage de leur arme administrative». «Selon les premiers éléments de l'enquête, tous les éléments de la légitime défense» sont réunis, a estimé le procureur.

«Agression brutale»

L'agresseur «avait commis des actes de délinquance classiques» mais «n'était pas fiché» pour «des activités à caractère terroriste», a déclaré au commissariat de Joué-lès-Tours le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, après avoir condamné cette «agression brutale» et a salué «le sang-froid et le professionnalisme des policiers».

En revanche son frère est connu pour ses positions radicales et a un temps envisagé de partir en Syrie avant de renoncer, selon la source proche de l'enquête. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête pour tentative d'assassinat et association de malfaiteurs, le tout en lien avec une entreprise terroriste.

Cette agression intervient alors qu'une nouvelle vidéo de Daesh, appelant à faire «exploser la France», a été postée sur YouTube ce vendredi.