La SPA n’a pas eu un mal de chien à faire adopter ses compagnons à quatre pattes

BOULES DE POIL L’association organisait, tout le week-end à Paris, le Noël des animaux…

Vincent Vantighem

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Paris, le 14 décembre 2014. Julie, une militante de la SPA, prend la pose avec Simba, à l'occasion du Noël des animaux.
Paris, le 14 décembre 2014. Julie, une militante de la SPA, prend la pose avec Simba, à l'occasion du Noël des animaux. — V. VANTIGHEM / 20 MINUTES

«Vous saviez que Kirsten Dunst avait une tache marron sur les fesses, vous?» Jean-Benoît Sangnier se marre en avisant une jolie chatte blanche répondant au même nom que l’actrice de Spider-Man et Virgin Suicide. Le directeur de la Société protectrice des animaux (SPA) a des raisons d’avoir le sourire. En un week-end, son association a trouvé près de 400 familles d’adoption pour ses amis à quatre pattes issus de tous les refuges d’Ile-de-France.

Flip multiplie les léchouilles

Installés pour l’occasion sous un chapiteau posé sur la place de la République (Paris, 11e), les boules de poils ont tout fait pour séduire les 20.000 enfants et, par voie de conséquence, parents de repartir avec eux à l’occasion du Noël des animaux. Simba a remué la queue en tentant d’attraper le sandwich au jambon d’un bénévole. Flip a multiplié les léchouilles à travers les barreaux de sa cage. Lili, elle, n’a eu qu’à montrer son museau barré d’une étrange moustache noire pour parvenir à ses fins.

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La trouvant «trop trop mignonne», Oona a logiquement complètement craqué. «Ce n’est pas un cadeau de Noël, assure pourtant cette étudiante en graphisme de 19 ans. C’est un acte réfléchi. J’ai déjà un chat à l’appartement. Comme ça, ils pourront s’amuser ensemble…»

Responsable marketing de la SPA, Géraldine Barral boit du petit-lait en écoutant la jeune fille. «C’est la famille qui est un cadeau de Noël pour l’animal et non l’inverse, résume-t-elle. On ne donne pas les animaux à n’importe qui, comme ça…»

«Ce n’est pas un magasin de jouets»

Fiches de revenu et interrogatoire en bonne et due forme: il faut, en effet, remplir un certain nombre de critères pour avoir la chance d’embarquer un sac de croquettes et surtout celui ou celle qui va les retrouver dans sa gamelle.

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«Ce n’est pas un magasin de jouets, abonde Patrice sans lâcher la main de sa fille qui voudrait, elle, plutôt caresser Duchesse. Nous vivons en appartement. Donc pas question d’avoir un chien. Mais notre projet est de déménager dans une maison avec jardin. A ce moment-là, on adoptera un animal abandonné. C’est tout de même mieux que d’en acheter un…»

«Ne pas les retrouver dans la rue»

Chaque année, la SPA parvient ainsi à faire adopter 34.000 des 40.000 animaux qu’elle recueille dans ses 57 refuges. «L’objectif étant de ne pas les retrouver dans la rue six mois plus tard, poursuit Jean-Benoît Sangnier. C’est pour cela que les familles adoptantes doivent répondre à quelques critères.» Il n’empêche: samedi, les bénévoles ont dû aller chercher d’autres chats, tous les félins sur place ayant conquis le cœur des hommes.

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C’est comme ça que Kirsten Dunst a fait son apparition sous le chapiteau. Mais, un poil boudeuse, elle est restée seule dimanche. «Il est toujours possible de l’adopter toute l’année dans nos refuges», rassure Géraldine Barral. Un moyen facile de se prendre pour Spider-Man.

Fin du discours culpabilisateur

46% des 40.000 animaux recueillis par la SPA sont directement abandonnés par leurs propriétaires dans les refuges. «Nous n’avons plus le discours culpabilisateur d’antan. D’ailleurs, nous ne faisons plus payer de frais d’abandon, explique Jean-Benoît Sangnier. Cela n’empêche pas de voir parfois des gens jeter leurs chats par-dessus les murs des refuges et s’en aller en courant…»