Tapie: «Je ne quitterai jamais la France, je suis un franco-franchouillard»

SOCIETE L'homme d'affaires évoque aussi le Front national, Nicolas Sarkozy et l'affaire Adidas...

20 Minutes avec AFP
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L'homme d'affaires Bernard Tapie le 12 mars 2014 à Marseille
L'homme d'affaires Bernard Tapie le 12 mars 2014 à Marseille — Franck Pennant AFP

Bernard Tapie affirme qu'il ne quittera «jamais la France», et plaide pour plus de «pédagogie» afin de lutter contre le Front national, dans un entretien paru samedi dans le quotidien belge l'Echo.

Alors que de nombreux hommes d'affaires français, dont son fils Laurent, se sont installés en Belgique, où l'imposition sur les riches est plus clémente qu'en France, Bernard Tapie déclare: «Je ne quitterai jamais la France. Je suis un franco-franchouillard».

Pour combattre l'extrême droite, il faut «de la pédagogie»

Mais il estime qu'en France, ni la droite ni la gauche «n'osent s'attaquer aux réformes qu'il faut faire». «Si on ne le fait pas, on n'y arrivera pas». Selon lui, ce sont «aujourd'hui les électeurs socialistes ou communistes déçus qui rejoignent le Front national». «Ce n'est plus un problème de droite». Pour combattre l'extrême droite, il faut «de la pédagogie». «Énormément de pédagogie» car «la situation actuelle est momentanée. On peut surmonter cette crise si on fait les efforts nécessaires», selon Bernard Tapie.

L'ancien ministre juge «légitime» le retour de Nicolas Sarkozy. «Il brûle de redevenir président. (...) On savait qu'il essayerait, c'est légitime. Mais c'est le public qui décidera». Il estime «surprenant de mettre un ancien président sur écoute pendant deux ans».

Les juges, «ils se la pètent, ils se la roulent. Ils sont haineux»

Bernard Tapie en profite pour glisser que «les juges ont pu se rendre compte qu'il n'a pas une seule fois été question ni de moi, ni de mon dossier». Il fait allusion à l'affaire de l'arbitrage controversé sur la revente d'Adidas, qui lui avait permis de toucher 403 millions d'euros en 1993, dans laquelle il est mis en examen pour «escroquerie en bande organisée».

Et de s'en prendre avec virulence aux juges français. «Ils se comportent comme des cow-boys, ils se la pètent, ils se la roulent. Ils sont haineux, on les a transformés en chasseurs dont on serait le gibier à abattre», attaque celui qui fit plusieurs mois de prison après sa condamnation dans l'affaire VA-OM.