Smic: Le groupe d'experts défavorable à un coup de pouce au 1er janvier

ECONOMIE Le rapport recommande que «dans les conditions actuelles», le Smic «n'aille pas au-delà des mécanismes automatiques légaux de revalorisation» au 1er janvier 2015...

20 Minutes avec AFP
Dans l'immédiat, les avis d'imposition comprendront une soustraction arithmétique du montant à verser au fisc: 350 euros seront retranchés pour un célibataire et 700 pour un couple, pour les ménages gagnant jusqu'à 1,1 Smic
Dans l'immédiat, les avis d'imposition comprendront une soustraction arithmétique du montant à verser au fisc: 350 euros seront retranchés pour un célibataire et 700 pour un couple, pour les ménages gagnant jusqu'à 1,1 Smic — Philippe Huguen AFP

Le groupe d'experts sur le Smic, chargé de conseiller le gouvernement sur les évolutions du salaire minimum, préconise de s'en tenir, à la date du 1er janvier, à la hausse légale, sans coup de pouce, dans son rapport dont l'AFP a obtenu une copie vendredi.

En effet, le rapport, transmis aux partenaires sociaux, recommande que «dans les conditions actuelles», le Smic «n'aille pas au-delà des mécanismes automatiques légaux de revalorisation» au 1er janvier 2015.

«Effets négatifs»

Depuis le 1er janvier, le Smic horaire s'élève à 9,53 euros, soit 1.445,38 euros bruts mensuels et environ 1.100 euros nets pour les salariés aux 35 heures.

«Rapporté au salaire médian (la moitié des salariés gagnant plus, la moitié gagnant moins) ... le salaire minimum français reste l'un des plus élevés parmi les grands pays développés», est-il souligné dans le rapport. «La France reste cependant parmi les pays où le coût minimum du travail est relativement le plus élevé», est-il précisé.

Les experts soulignent aussi le coût des allègements de cotisations patronales, notamment dans le cadre du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), qui «ne peut avoir que des effets négatifs pour les finances publiques et l'ensemble de l'économie».

«Eclairer» l'executif

Après son élection, François Hollande avait donné un coup de pouce au Smic, revalorisé de 2% en juin 2012. Mais depuis, le salaire minimum a évolué en fonction des seuls mécanismes légaux (dont l'évolution des prix et des salaires).

Longtemps réclamé par le patronat, le groupe d'experts sur le Smic, présidé depuis mai 2013 par François Bourguignon, directeur de l'Ecole d'économie de Paris, est chargé depuis 2008 d'«éclairer» l'exécutif avant chaque revalorisation annuelle, notamment sur l'opportunité d'un coup de pouce, auquel il s'est toujours opposé.

Le groupe, dont le gouvernement avait souhaité le renouvellement, est composé des économistes Pierre Cahuc, Eve Caroli, Stefano Scarpetta et de la sociologue Dominique Goux.