Maternité d'Orthez: L'anesthésiste remise en liberté sous contrôle judiciaire

JUSTICE Elle avait reconnu qu'elle était sous l'emprise de l'alcool le soir de l'accident fatal qui a coûté la vie à une patiente...

20 Minutes avec AFP
— 
L'entrée de la maternité d'Orthez, dans les Pyrénées-Atlantiques, le 2 octobre 2014
L'entrée de la maternité d'Orthez, dans les Pyrénées-Atlantiques, le 2 octobre 2014 — Gaizka Iroz AFP

L'anesthésiste belge mise en examen après le décès d'une de ses patientes fin septembre à la maternité d'Orthez (Pyrénées-Atlantiques), a été remise en liberté et placé sous contrôle judiciaire ce jeudi. Elle avait été placée en détention provisoire début octobre.

La justice avait rejeté le 16 octobre une première demande de remise en liberté mais le 2 décembre, un juge des libertés et de la détention (JLD) de Pau avait accepté la seconde demande de remise en liberté d'Helga Wauters, mise en examen pour « homicide volontaire aggravé » et placée en détention provisoire depuis le 2 octobre. Mais le Parquet avait aussitôt fait appel de cette décision, jugeant notamment que les conditions du contrôle judiciaire n'étaient pas assez strictes.

Une caution de 50.000 euros à verser

Saisie de l'affaire, la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Pau a finalement confirmé jeudi la décision de remettre Helga Wauters, 45 ans, en liberté, tout en durcissant les obligations de son contrôle judiciaire. Pourtant durant l'audience mardi devant la Cour d'appel, l'avocat général, Dominique Jéol, s'était opposé à la libération du médecin pour «éviter toute réitération des faits».

L'anesthésiste belge devra notamment verser une caution de 50.000 euros avant le 19 décembre et remettre son passeport avec interdiction de quitter le territoire français. Il lui est également interdit d'exercer la médecine, ou même «le conseil», et de se rendre dans les communes du canton d'Orthez où elle exerçait avant les faits.

Helga Wauters est en outre assignée à résidence en Haute-Vienne et devra suivre, dans la journée, des soins dans un centre spécialisé de Périgueux, à une heure de route environ, pour traiter son addiction à l'alcool.

«Une décision regrettable» , selon l'avocat de la famille

«C'est une décision regrettable qui va être difficile à accepter», a lancé l'avocat de la famille de la victime, Me Philippe Courtois.

«Même si les conditions sont plus drastiques que celles demandées» initialement par le JLD «cette personne sera livrée à elle-même car elle a une obligation de soins mais elle peut sortir le soir et seule», a-t-il dit, jugeant que cela présentait «un risque pour elle-même et pour les autres».

Helga Wauters a quitté vers 12h30 la maison d'arrêt de Pau dans la voiture de ses avocates, a constaté un photographe de l'AFP. «Ce n'est pas parce qu'elle est libérée que la douleur des victimes est bafouée, au contraire», a répliqué lors d'un point de presse Me Florence Hegoburu, l'une des avocates de Helga Wauters.

«Sa volonté n'est pas de se défausser de sa part de responsabilité, elle va pouvoir pointer les dysfonctionnements de ce qui s'est passé, mettre l'accent sur l'organisation de la clinique, sur le fonctionnement de l'équipe médicale», a affirmé l'avocat.