Evasion à la Kalachnikov: Deux frères Houmani, «parrains du 93», devant la justice

JUSTICE Les caïds sont jugés ce jeudi pour un guet-apens tendu à la police en mai 2009 à La Courneuve…

William Molinié

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Photographie prise le 30 janvier 2012 d'une Kalachnikov saisie à Marseille.
Photographie prise le 30 janvier 2012 d'une Kalachnikov saisie à Marseille. — AFP PHOTO / BORIS HORVAT

L’espace de quelques minutes, le carrefour des Six Routes à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) s’était transformé en théâtre de guerre. Rafale à la Kalachnikov de calibre 7,62mm, réplique au 9mm des policiers, course-poursuite… Les frères Houmani, Djamel et Hamid, présentés comme deux des «parrains du 93» retournent ce jeudi matin sur les bancs du tribunal correctionnel de Bobigny pour l’attaque spectaculaire d’un fourgon de police à deux pas de la cité des «4.000».

>> A lire sur 20 Minutes: Qui sont les frères Houmani, les «parrains du 93»?

Les faits remontent au 16 mai 2009. Djamel Houmani et deux autres individus sont interpellés, suspectés d'avoir ouvert le feu avec une arme à grenailles sur un véhicule de police dans la cité. Placé en garde à vue au commissariat de La Courneuve, le jeune homme prétexte un malaise le lendemain et exige d'être transféré vers l'hôpital Jean Verdier à Bondy. Mais sur le trajet, le car police-secours est stoppé à la hauteur du carrefour des Six-Routes par une voiture.

Violence des échanges

Immédiatement, un homme sort de la C4 volée et tire à plusieurs reprises à la Kalachnikov sur le fourgon. Les policiers répliquent. Mais dans la confusion, Djamel Houmani parvient à s'échapper. Une course-poursuite s'ensuit dans les rues du quartier. Dix minutes plus tard, les policiers rattrapent le fuyard. Mais pas les assaillants qui se sont enfuis à bord de la voiture, retrouvée plus tard à proximité. Preuve de la violence des échanges, cinq étuis et une cartouche de 7,62 mm sont abandonnés sur place par les malfaiteurs.

Confrontés à l’omerta du quartier, commune dans ce type d’affaires mêlant caïds et trafiquants de drogue, les policiers peinent à avancer. Mais, selon nos informations, l’enquête rebondit un mois plus tard, grâce au renseignement de la brigade des stupéfiants selon lequel une coiffeuse se serait vantée de connaître l’auteur des faits. Plusieurs individus sont interpellés, dont Hamid Houmani, le grand frère de Djamel.

Il nie toute tentative d'évasion

Aucun ne reconnaît sa participation. Mais en fouillant l’un des suspects, les policiers tombent sur la clé d’un local d’immeuble de la cité des «4.000». Ils se rendent sur place, ouvrent la porte et retrouvent deux boîtes de 20 cartouches de calibre 7,62 mm. Une autre boîte est saisie, contenant cette fois-ci seulement 14 cartouches.

Devant le tribunal correctionnel, qui sera sous haute surveillance ce jeudi, Djamel Houmani va nier avoir eu connaissance d'un plan d'évasion, selon son avocat, Me Thierry Herzog. «Il conteste toute tentative d'évasion et toute complicité avec les gens qui ont attaqué le fourgon», a-t-il indiqué à l'AFP. Mais pour les enquêteurs, cela ne fait aucun doute, Djamel Houmani avait simulé un malaise pour pouvoir être transféré et envoyer les policiers dans un guet-apens.