Banques alimentaires cherchent bénévoles

SOCIAL De nombreux bénévoles manquent à l’appel, non seulement au sein des banques alimentaires sur l’ensemble du territoire, mais aussi au sein des associations qu’elles soutiennent...

Bérénice Dubuc

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Marseille le 2 décembre 2013 - La banque alimentaire reçoit dans son entrepot de stockage les denrees alimentaires qui ont ete collectees lors du dernier week end dans des milliers de points de collecte en France Lancer le diaporama
Marseille le 2 décembre 2013 - La banque alimentaire reçoit dans son entrepot de stockage les denrees alimentaires qui ont ete collectees lors du dernier week end dans des milliers de points de collecte en France — P.Magnien / 20 Minutes

L’une des 5.300 associations qui travaillent avec les banques alimentaires sur le territoire français est en difficulté. En cause, l’absence de repreneurs pour continuer de faire fonctionner la section «aide alimentaire» du Foyer rural de Saint Savinien (Charente-Maritime), qui vient en aide à quelque 200 personnes.

«Pour différentes raisons, et notamment des raisons de santé, les responsables de la section aide alimentaire vont arrêter leur activité fin décembre», explique à 20 Minutes Michelle Cicoira, présidente du Foyer rural de Saint Savinien. Mais, pour l’heure, aucun volontaire ne s’est proposé pour endosser ces responsabilités.

Besoins divers et variés

Ce manque reflète les difficultés des associations qui viennent en aide aux démunis pour recruter des bénévoles. Si les denrées alimentaires sont nécessaires aux banques alimentaires et aux associations qu’elles soutiennent, les bénévoles sont indispensables pour les collecter, mettre en place et gérer les stocks et les distribuer. «Nous avons actuellement 5.000 bénévoles sur l’ensemble du territoire», souligne Jacques Bailet, président de la fédération française des Banques Alimentaires. «Mais, du fait de la crise, le volume de l’aide alimentaire augmente de 5 à 8% par an, requérant plus de bénévoles. Et, chaque année, pour remplacer ceux qui arrêtent -du fait de leur âge, de la baisse de leur taux d’activité,…- nous avons besoin de recruter entre 500 et 700 personnes.»

De plus, de nouveaux métiers apparaissent -dans l’hygiène et la sécurité, l’accompagnement des associations, la recherche de mécénat, la communication…- créant des besoins. Nombre de bénévoles manquent ainsi à l’appel dans les quelque 79 entrepôts que comptent les banques alimentaires sur l’ensemble du territoire. Et les besoins sont divers et variés: chauffeurs, préposés au tri, mais aussi postes administratifs -communication, gestion des stocks…- et même postes à responsabilité.

Optimisme

«Toute personne peut postuler, car nos besoins en main-d’œuvre couvrent un peu toutes les qualifications, des postes d’exécution aux postes à responsabilités», indique Jacques Bailet, qui précise que le mandat des administrateurs (président, vice-président, trésorier) des banques alimentaires sont limités à trois fois trois ans. Alors, pour pallier ce manque en personnels, des campagnes nationales sont organisées, et le président de la fédération incite les personnes souhaitant devenir bénévole à s’adresser à la fédération ou à la banque alimentaire la plus proche.

Il indique cependant qu’il existe des régions où il n’y a pas de problème de recrutement. «Souvent, c’est que le projet est connu et bien porté dans la communauté, par une équipe bien implantée sur le territoire. Il y a alors un effet d’entraînement, un bouche-à-oreille positif.» A Saint Savinien, Michelle Cicoira est optimiste. «Nous avons prévenu les élus de la situation, et une réunion pour trouver une solution pour faire perdurer la section aide alimentaire doit se tenir vendredi.»

Selon celle qui a derrière elle 26 ans de bénévolat, la raison de ce relatif désamour réside également en partie dans l’absence d’appétence pour ce genre d’investissement. «Aujourd’hui, les gens ont des loisirs de consommation, mais pas de bénévolat.» Mais, pour elle, la situation n’a rien de catastrophique. «Cela va vite s’arranger. Il n’y aura pas d’arrêt de distribution pour les ayants droit, et l’aide alimentaire continuera, même sous un autre nom.»