Grève: Y aura-t-il des médecins pour Noël ?

GREVE Médecins libéraux et urgentistes ont déposé un préavis de grève illimité à partir des vacances de fin d’année…

Anissa Boumediene

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Les médecins urgentistes rejoignent le mouvement de grève lancés par les médecins libéraux.
Les médecins urgentistes rejoignent le mouvement de grève lancés par les médecins libéraux. — Francois Lo Presti AFP

Préparez-vous, cette année, outre la course aux cadeaux parfaits et le choix épineux entre bûche glacée ou pâtissière au menu des tracas de Noël, il y aura aussi la grève des médecins. Généralistes, spécialistes et urgentistes sont appelés à se mobiliser à partir des 22 et 23 décembre prochains20 Minutes vous démêle le pourquoi du comment et vous explique comment trouver un médecin pendant les fêtes.

Qui fait grève?

Entre le 23 et le 31 décembre, les trois quarts des cabinets médicaux de généralistes et de spécialistes seront fermés. Cardiologues, pédiatres, ORL, dermatologues, anesthésistes, échographistes ou encore radiologues, nombreux sont les spécialistes ayant appelé à cesser toute activité, en cabinet comme en clinique. L'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) a elle aussi rejoint le mouvement en déposant ce jeudi un préavis de grève illimitée à compter du 22 décembre. Et dès le 5 janvier, les cliniques privées emboîteront le pas.

Pourquoi les médecins se mobilisent-ils?

Les médecins libéraux, qui ont lancé le mouvement, ont dans le collimateur le projet de loi santé, qui prévoit d'ici 2017 la généralisation à tous les assurés de la dispense d'avance de frais lors d'une consultation dans un cabinet. Les urgentistes, eux, réclament «plus d'emplois, une revalorisation et un alignement des indemnités de pénibilité des gardes de nuit», explique à 20 Minutes Christophe Prudhomme, porte-parole de l'AMUF. La dégradation des conditions de travail est aussi pointée. «Les jeunes ne veulent plus travailler à l'hôpital et les plus de 50 ans, surchargés de travail, ne veulent plus continuer», poursuit-il. Quant aux cliniques, elles se mobilisent contre le projet de loi santé qui les contraindra à assurer les missions de service public existantes dans leur intégralité, et au tarif fixé par la sécurité sociale. Donc sans dépassement d'honoraires.

Où les patients pourront-ils se soigner?

Les syndicats de médecins assurent qu'ils «prendront leurs responsabilités» et travailleront s'ils sont réquisitionnés. Mais dans les faits, les patients en quête d'un généraliste ou d'un spécialiste trouveront souvent porte close. D'ici le début de la grève, «nous avons l'obligation de tenir le patient informé pour le diriger dans sa prise en charge. Dans les cabinets médicaux, un message indiquera à qui le patient pourra s'adresser en cas d'urgence», notamment le 15, explique Patrick Gasser, président du syndicat de spécialistes Umespe-Csmf. 

Du côté des hôpitaux, le mouvement des urgentistes sera «symbolique, puisque nous travaillerons quand même», confie Christophe Prudhomme. Les opérations programmées non urgentes pourront être décalées, mais les soins vitaux seront, quoi qu'il arrive, assurés. L'urgentiste craint que «les patients de médecins libéraux grévistes affluent en masse aux urgences, elles aussi en grève, et déjà bondées en cette période de fin d'année».