Agression antisémite à Créteil: «Ils ont dit: "De toute façon, les Juifs, vous avez de l'argent"»

ANTISEMITISME Jonathan, agressé au domicile de ses parents lundi, raconte son agression...  

Romain Scotto

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Vue générale du tribunal de grande instance de Créteil en 2005
Vue générale du tribunal de grande instance de Créteil en 2005 — Jacques Demarthon AFP

Victime d'un braquage à son domicile, avec sa petite amie, Jonathan, 21 ans, a livré quelques mots sur son agression au micro de BFM TV, ce mercredi. Le jeune homme se remet doucement du «cauchemar» vécu lundi au domicile de ses parents, à Créteil (Val-de-Marne). Alors que le couple attendait un livreur, trois malfaiteurs ont surgi, proférant, selon le jeune homme, plusieurs phrases à caractère antisémite.

«On s'est dit que ça pouvait être quelqu'un de notre famille, un cousin. Donc elle (sa petite amie) a ouvert. Puis quand elle a essayé de fermer la porte, il y a eu un grand bruit, elle a crié. J'ai accouru. Ils étaient trois cagoulés, avec une arme chacun», indique Jonathan.

«On vous a déjà surveillés, on sait que ta mère sort à tel endroit»

Puis il poursuit: «Ils m'ont mis en joue. M'ont dit: "File moi ton téléphone". Celui de ma copine aussi. Elle a été éjectée contre le mur. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Ils sont rentrés dans l'appartement. Ils nous ont fait asseoir dans le salon.»

C'est à ce moment que les malfaiteurs auraient justifié leur venue dans cette maison et leurs intentions: «Ils ont dit qu'ils ne venaient pas ici par hasard. Parce que (mon) frère est gérant d'une chaîne de vêtements. Ce n'est pas vrai, il est juste vendeur. Ils ont dit: "On sait que ton père a une voiture de telle marque. On vous a déjà surveillés, on sait que ta mère sort à tel endroit. De toute façon les Juifs, vous avez de l'argent.»

Deux suspects interpellés

Le jeune homme leur aurait alors répondu que s'il en avait, il l'aurait mis comme tout le monde à la banque. Chose qui aurait entraîné une vive réaction des agresseurs: «Ils ont répondu: "Non ce n’est pas vrai, les Juifs, ça ne met pas l'argent à la banque." Ce n’était pas un hasard. Ils savaient qu'il y avait des Juifs ici», insiste la victime alors que dans la journée, deux des auteurs présumés, âgés de 20 ans, ont été interpellés, ainsi qu'un complice de 18 ans.