Un radar automatique à Toulouse
Un radar automatique à Toulouse — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

JUSTICE

Groupe Facebook antiradars: 15 membres suspendus de permis pendant un mois

Le tribunal correctionnel de Rodez a déclaré les 15 prévenus coupables de «soustraction à la constatation des infractions routières»...

Des suspensions de permis d'un mois ont été prononcées mercredi à l'encontre de 15 membres d'un groupe Facebook qui donne la localisation de radars en Aveyron, une condamnation inédite qui pourrait faire jurisprudence. Le tribunal correctionnel de Rodez a déclaré les quinze prévenus coupables de «soustraction à la constatation des infractions routières». Parmi eux, huit étaient également poursuivis pour «outrages», après avoir qualifié les gendarmes sur la page Facebook de noms d'oiseaux peu amènes, mais ils ont tous été relaxés de ce chef.

«C'est extrêmement préoccupant», a réagi Me Rémy Josseaume, expert en droit automobile, qui défend 11 des 15 prévenus. «Si ce qu'ils font est interdit, alors tous les avertisseurs de radars devraient être interdits, tous les journaux et les radios locales qui signalent les radars vont être fermés», a déclaré l'avocat à l'AFP.

13.000 membres inscrits au groupe

Le conseil souligne que les boîtiers de «solutions d'aide à la conduite» ont, eux, été autorisés par le Conseil d'État en 2013. Ces produits commerciaux reposent sur une communauté de membres avertissant de «zones de danger», un euphémisme signalant la possible présence d'un radar.

L'avocat avait également cité lors du procès en septembre, exemplaire en mains, le magazine Autoplus, qui publie une carte des radars très précise. Me Josseaume a indiqué qu'il attendait de consulter ses clients pour savoir si un appel serait interjeté. «Il s'agit d'un jugement hypocrite», a déclaré le cofondateur du groupe, Mathieu Chané, à la sortie de l'audience.

Créé en 2012, le groupe Facebook « qui te dit où est la police en Aveyron » existe toujours. Le nombre de ses membres a même bondi de près de 50% depuis la convocation des prévenus, avec actuellement plus de 13.000 « followers ». « Contrairement à ce que certains voudraient faire croire, ce groupe n'est pas mort du tout (...) Certains paient le prix fort aujourd'hui (...) Par respect pour eux et par solidarité Aveyronnaise, nous devons continuer à faire vivre ce groupe », écrit un de ses membres dans un message diffusé lundi.