Créteil: Le motif antisémite avéré, les trois suspects déférés devant la justice

FAITS DIVERS Un couple a été victime d'un vol à main armée à son domicile, la jeune femme aurait été violée...

N.Beu. avec AFP

— 

Illustration: police, un policier français en 2014.
Illustration: police, un policier français en 2014. — PATRICK KOVARIK / AFP

Le couple agressé lundi dans son appartement de Créteil a bien été «ciblé» par ses agresseurs, qui «partaient de l'idée qu'être juif signifiait que l'on avait de l'argent», a appris l'AFP mercredi de sources proches du dossier. «Il y a eu ciblage. Les agresseurs ont effectué des repérages avant d'agresser le couple», a ajouté une source proche du dossier.

Âgés de 19 et 20 ans, deux hommes ont d'abord été arrêtés et placés en garde à vue, soupçonnés d'un violent cambriolage à main armée au domicile d'un jeune couple, et du viol de la jeune femme. Puis un troisième homme a été interpellé mercredi. Ils sont soupçonnés d'avoir déjà roué de coups un septuagénaire en raison de sa religion, selon le parquet. Ils «sont déférés» mercredi devant la justice. Une information judiciaire a été ouverte pour ces deux agressions notamment pour violences «à raison de l'appartenance religieuse de la victime», a précisé le procureur de la République de Créteil dans un communiqué.

Une «agression antisémite sauvage», pour le Crif

«Les deux victimes ont été ligotées dans leur salon, et la jeune fille a relaté avoir subi un viol», avait relaté mardi une source judiciaire au sujet de l'affaire de Créteil. Les auteurs ayant fait allusion à la confession juive d'une des victimes, et les enquêteurs cherchaient à «confirmer ou non le ciblage des victimes» pour un motif antisémite, avait précisé cette source.

Ce mercredi matin, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait, lui, déclaré par un communiqué que le «caractère antisémite» de l'agression «[semblait] avéré». «M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, exprime son indignation face à l'agression dont a été victime un jeune couple lundi à son domicile de Créteil, et dont le caractère antisémite semble avéré», déclarait-il dans un communiqué. «Le ministre de l'Intérieur rappelle sa détermination et celle du gouvernement à lutter sans relâche contre toute forme de racisme et d'antisémitisme», précisait-il.

Mardi soir, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) avait déjà dénoncé une «agression antisémite sauvage».