VIDEO. Pourquoi il faut réformer les notes à l’école

EDUCATION Les professionnels de l'enseignement se réunissent jeudi et vendredi pour la conférence nationale sur l'évaluation des élèves et préparer leurs recommandations...

Delphine Bancaud

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Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'Éducation Nationale, a une préférence pour la notation en couleur.
Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'Éducation Nationale, a une préférence pour la notation en couleur. — LCHAM/SIPA

Eviter la notation sanction, mieux valoriser les progrès de l'enfant: les professionnels de l'enseignement se réunissent jeudi et vendredi pour la conférence nationale sur l'évaluation des élèves et préparer leurs recommandations, qui seront présentées à la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem dans les prochaines semaines.

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Un rapport du Conseil supérieur des programmes suggérant de réformer le système d’évaluation des élèves a été d'aolleurs remis récemment à la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem. Il suggère de remplacer le système en vigueur de notation sur 20 par une «évaluation bienveillante». 20 Minutes revient sur les enjeux d’un tel bouleversement.

Les mauvaises notes plombent les élèves en difficulté

Le sociologue Pierre Merle estime que la note «n'est pas un handicap» pour les bons élèves, mais qu’elle «décourage les élèves faibles», qui «deviennent moins capables d'apprendre parce qu'ils se sentent incompétents». Un véritable cercle vicieux. Par ailleurs, selon Pierre Merle, la note «n'est pas une mesure précise», un même correcteur sera influencé selon qu'il a noté précédemment une bonne ou une mauvaise copie. Un avis partagé par Najat Vallaud-Belkacem qui a déclaré mi- novembre que l'évaluation ne reposait «sur aucun fondement scientifique». De son côté, Christian Chevallier, secrétaire général de l’Unsa, estime que le système actuel d’évaluation est «élitiste, au service de la sélection». «Il faut avoir des bonnes notes pour passer dans la classe supérieure et obtenir l’orientation rêvée. Or, certaines compétences jamais évaluées -et donc masquées- sont indispensables à la réussite scolaire», poursuit-il dans un communiqué.

Les parents réclament une réforme de l'évaluation

La FCPE, principale fédération de parents d'élèves, demande l'arrêt complet des notes avant le lycée. «L'évaluation positive, qui stimule la motivation de l'élève et intègre les notions de progrès et de compétences transversales, doit être développée», affirme Paul Raoult, président de la FCPE. Et près de trois parents sur quatre (73%) sont favorables à une diminution du poids des notes dans l'appréciation scolaire, selon un sondage OpinionWay publié mi-novembre par l'association de parents d'élèves du privé Apel. Et ceux dont les enfants sont scolarisés en ZEP le souhaitent encore plus (87%). Plus de la moitié des parents (56%) se sentent démunis face à une mauvaise note, qu'ils n'arrivent pas toujours à décrypter et déclarent ne pas savoir quels points du programme devraient être retravaillés.

D’autres pays ont des systèmes d’évaluation différents

En Allemagne, les notes reposent sut un barème moins précis allant de 1 (pour très bon) à 6 (pour mauvais). Idem aux Etats-Unis: ce sont les lettres de A à F qui servent à mesurer le niveau des élèves. Quant, aux pays scandinaves ils privilégient les commentaires et les conseils pour faire évoluer les élèves.

Quel système d’évaluation pourrait être mis en place en France? 

Le rapport du Conseil supérieur des programmes recommande l’abandon les moyennes chiffrées au profit d’un système d’évaluation moins précis et donc moins stigmatisant pour les élèves en difficulté. Le socle commun de compétences serait restructuré en huit blocs de compétences, non-compensables entre eux. Et le nouveau système devrait «permettre pour chaque type de connaissances et compétences évalué, d’identifier plusieurs niveaux de réussite». Des suggestions qui ne sont pas du goût de tous les observateurs du monde de l’Education: l’ancien ministre Luc Ferry a vivement réagi ce lundi dans le Figaro à la suggestion du Conseil supérieur des programmes de remplacer les notes chiffrées par un barème de 4 à 6 niveaux: «C’est stupéfiant de niaiserie.»