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SANTÉLes «petites-filles du Distilbène» épargnées par des anomalies lourdes

Les «petites-filles du Distilbène» épargnées par des anomalies lourdes

SANTÉSelon une nouvelle étude...
Les "filles du Distilbène", dont les mères ont pris ce médicament pendant la grossesse, ont une augmentation du risque de cancer du sein, mais il n'y a pas plus d'anomalies de l'appareil génital chez les "petites filles" (3e génération), selon une étude
Les "filles du Distilbène", dont les mères ont pris ce médicament pendant la grossesse, ont une augmentation du risque de cancer du sein, mais il n'y a pas plus d'anomalies de l'appareil génital chez les "petites filles" (3e génération), selon une étude - Miguel Medina AFP
Maud Pierron

M.P. avec AFP

Les «filles du Distilbène», dont les mères ont pris ce médicament pendant la grossesse, ont une augmentation du risque de cancer du sein, mais il n'y a pas plus d'anomalies de l'appareil génital chez les «petites filles» (3e génération), selon une étude publiée lundi.

«Quand ma fille me demande: alors moi est-ce que j'aurais un risque ? Eh bien, enfin, je peux lui dire non», s'est réjouie Marie Darrieussecq, écrivaine, marraine du Réseau DES France et fille DES. Quant au risque de cancer du sein, elle ajoute: «ce n'est pas la joie, mais on sait au moins à quoi s'en tenir».

«La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a pas d'augmentation d'anomalies génitales chez les filles à la 3e génération (les »petites-filles DES«), contrairement à ce qui était redouté», dit à l'AFP le professeur Michel Tournaire, conseiller médical du réseau DES à l'occasion de la présentation de cette «vaste étude» nationale.

Cancers génitaux, difficultés de reproduction

Le Distilbène (DES) est le nom commercial d'une hormone de synthèse prescrite en France entre 1950 et 1977 aux femmes enceintes pour prévenir les fausses couches, alors que les Etats-Unis, alertés par l'apparition de cancers génitaux chez les filles de mères traitées, avait interdit, dès 1971, de donner ce produit pendant la grossesse.

Les «filles DES», exposées in utero, qui ont maintenant entre 37 et 64 ans, sont celles qui ont été les plus éprouvées par les conséquences du DES : cancers génitaux (col de l'utérus et vagin) et graves difficultés de reproduction (infertilité, fausses couches, accouchements prématurés...), rappelle le Pr Tournaire.

«Au moins 160.000 enfants nés pour la plupart dans les années 1970 auraient été exposés au produit», selon le Réseau DES France, à l'origine de cette étude sur trois générations, financée par l'agence du médicament ANSM et soutenue par la Mutualité Française.

«Un risque modéré»

Il y avait des études contradictoires sur le risque de cancer du sein chez les filles de mères traitées par le Distilbène. Mais selon l'étude française, le risque de cancer du sein est multiplié par deux pour les 80.000 «filles DES» exposées in utero en France, quelle que soit l'âge (moins de 40 ans, 40-49 ans, 50 ans et plus). Il n'y a cependant pas d'aggravation avec l'avancée en âge, contrairement à ce qu'avait suggéré une étude américaine.

Il y aurait ainsi environ 16.000 à 20.000 cas de cancers du sein chez les «filles DES» au lieu des 8.000 à 10.000 cas attendus en tenant compte de la fréquence de ce cancer chez les femmes en général, note l'association. Mais «ce doublement de risque est semblable à celui d’une femme dont la famille proche (parentes au 1er degré), une mère ou une soeur, a eu un cancer du sein», explique le Pr Tournaire.

«Cela reste un risque modéré. D'après la Haute Autorité de Santé, un risque élevé est un risque multiplié par quatre ou cinq», indique-t-il.

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