Les six pistes pour réduire les inégalités à l’école

EDUCATION Selon un sondage Ifop pour Fondapol publié jeudi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France près de sept Français sur dix (69%) estiment que l'égalité des chances n'est pas garantie par l'école...

Delphine Bancaud

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Limay le 03 avril 2012. Illustration lycee Condorcet a Limay dans less Yvelines. Classe. Eleves.
Limay le 03 avril 2012. Illustration lycee Condorcet a Limay dans less Yvelines. Classe. Eleves. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Près de sept Français sur dix (69%) estiment que l'égalité des chances n'est pas garantie par l'école, selon un sondage Ifop pour Fondapol publié jeudi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. 20 minutes a recensé six pistes qui permettraient de réduire le fossé qui sépare les élèves.

1-S’attaquer aux inégalités scolaires dès le plus jeune âge

Dès le CP, les écarts de niveaux se creusent entre les élèves et sont difficilement rattrapables. Pour prendre le mal à sa racine, «Il faut développer quantitativement le dispositif "plus de maîtres que de classes", lancé en 2013, qui permet d’affecter un maître supplémentaire dans les établissements les plus en difficultés», suggère la sociologue de l’éducation, Marie Duru-Bellat. «Mais il faut impérativement évaluer le dispositif afin qu’il soit bien ciblé sur les classes qui rencontrent le plus de difficultés», insiste la sociologue. Elle recommande aussi de «réduire la taille des classes dans les quartiers les plus problématiques». De son côté, Louis Maurin, président de l’Observatoire des inégalités estime qu’il faut encore renforcer la scolarisation des moins de trois ans,  réactivée depuis 2012, «car les enfants issus des milieux défavorisés, en tirent des bénéfices en termes de socialisation et de maîtrise du langage».

2-Revoir la carte scolaire

«L’assouplissement de la carte scolaire est une erreur car elle a créé des ghettos scolaires» juge Louis Maurin. «Il est donc nécessaire de renforcer la mixité scolaire et sociale en rendant cette carte plus contraignante ou envoyer davantage d’enfants défavorisés dans les beaux quartiers », poursuit-il.

3-Renforcer les moyens de l’éducation prioritaire

Si le ministère de l’Education a prévu de consacrer 352 millions d'euros au plan pour l’éducation prioritaire en 2015, Louis Maurin estime que « les moyens sont encore insuffisants pour faire la différence. Il faut encore affecter davantage d’enseignants dans ces établissements». Pour Marie Duru-Bellat, il serait aussi nécessaire «de rendre les établissements situés dans des quartiers sensibles plus attractifs, en y proposant des options rares (du japoanis par exemple ou encore du cinéma) et en y affectant des enseignants plus expérimentés. Ces derniers pourraient y être mieux payés ou avoir moins d’heures d’enseignement à effectuer».

4-Faire évoluer la pédagogie

«Le système scolaire est trop compétitif. On tire certains élèves vers le haut au lieu de faire progresser toute la classe», estime Louis Maurin. Dans ce contexte, il est urgent selon lui de «faire évoluer les programmes, en allégeant le poids des savoirs académiques». Un chantier déjà en cours au ministère. Il faut aussi selon lui «réformer la notation, en la rendant moins fréquente et en privilégiant les appréciations sur les résultats chiffrés». Le gouvernement devrait d’ailleurs présenter ses recommandations à ce sujet la mi-décembre. 

5-Réduire les inégalités face aux devoirs

Certains enfants peuvent être aidés par leurs parents dans leur travail à la maison, d’autres pas. Ce qui creuse encore les inégalités scolaires. Pour Marie Duru-Bellat, la solution serait donc «de faire des séances de devoirs sous surveillance scolaire quelques heures par semaine et de les supprimer à la maison».

6-Soutenir le recours au soutien scolaire

Dans Le Parisien, Dominique Reynié, directeur de la Fondation pour l’innovation politique propose une idée originale pour y parvenir: créer une assurance complémentaire éducation, financée «par les collectivités locales ou par les entreprises employant les parents». Celle-ci permettrait aux familles imposables de déduire fiscalement l’intégralité des heures de soutien scolaire. Et pour les foyers non imposables, d’obtenir un bon donnant droit à des heures de soutien.