Réforme des rythmes scolaires: Un premier bilan en 5 chiffres

EDUCATION Une enquête sur la mise en œuvre des nouveaux temps périscolaires a permis de dresser un premier bilan de la réforme des rythmes scolaires…

Anissa Boumediene

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En primaire, les ateliers imaginés s'appuient sur une littérature jeunesse ou des films d'animation qui abordent la question de la différence sexuelle mais aussi des familles homoparentales.
En primaire, les ateliers imaginés s'appuient sur une littérature jeunesse ou des films d'animation qui abordent la question de la différence sexuelle mais aussi des familles homoparentales. — Remy Gabalda AFP

Retour à la semaine de 4,5 jours, chambardement des horaires, instauration des nouvelles activités périscolaires (Nap), l’entrée en vigueur de la réforme des rythmes scolaires a eu du mal à passer auprès de nombreux parents, mais aussi de maires, inquiets des répercussions financières de ces mesures pour leur commune. Alors que la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) et l’Association des maires de France dévoilent les résultats d’une enquête menée sur ces nouveaux temps périscolaires, 20 Minutes en dresse un premier bilan.

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Pour la rentrée 2013-2014, environ 4.000 communes ont mis en place les nouveaux rythmes scolaires, marqués par le retour de la semaine de 4,5 jours pour 1,3 million d’écoliers, soit 22% des effectifs scolarisés. L'enquête révèle que 92% de ces municipalités ont organisé des Nap, et pour les deux tiers d'entre elles (64%), ces nouvelles activités ont été réparties sur quatre jours par semaine. Une répartition que près de la moitié des communes envisageaient de modifier dès la rentrée 2014-2015 pour les regrouper sur un jour ou deux.

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Le secret des NAP qui marchent, c'est un coût zéro pour les parents. Gratuites dans 78% des communes, les Nap ont été fréquentées par la grande majorité des élèves tout au long de l’année scolaire. D'après le document, en 2013, la part de communes où les élèves étaient inscrits en masse aux Nap en début d’année atteignait 80% lorsqu’elles étaient gratuites, contre 35% lorsqu’elles étaient payantes. Des chiffres qui attestent que la participation financière des parents est un frein à la fréquentation de ces activités. 

207

Le coût moyen des Nap s’élève à 207 euros par an et par enfant, mais l’enquête révèle toutefois qu’environ la moitié des municipalités a dépensé moins de 180 euros par élève. Pour supporter ces coûts, l'Etat prend à sa charge 50 euros par enfant, et verse 40 euros supplémentaires pour les communes en difficulté (Zones Urbaines Sensibles et Zones Rurales Revitalisées). Sous conditions, la Cnaf peut aussi verser une aide complémentaire pouvant atteindre 54 euros par an et par enfant. Le reste demeure à la charge des municipalités.

86

74% des communes qui ont appliqué la réforme en 2013 ont déclaré rencontrer ou anticiper des difficultés de mise en œuvre. Des soucis qui touchent 86% des municipalités qui ont appliqué ces nouveaux temps périscolaires à la rentrée 2014. En premier lieu, le financement des Nap et la disponibilité de locaux pour les organiser sont pointés. Les mairies indiquent aussi les problèmes de recrutement et de formation des personnels chargés d'animer ces activités.

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Pour faire face à leurs difficultés de recrutement, les maires bricolent parfois différents types de solutions. Ainsi, après le recours à des intervenants ponctuels (69%), les communes engagées dans la réforme depuis 2013 optent pour la mise en place de formations qualifiantes (43%) et le recours à des bénévoles (41%). Un recours au bénévolat qui grimpe à 50% dans les communes engagées dans la réforme en 2014.