Cinq chiffres chocs sur les violences subies par les enseignants et les directeurs d’établissements

EDUCATION Le baromètre annuel du climat scolaire publié par la Fédération des Autonomes de Solidarité Laïque ce jeudi, montre que les violences contre les équipes pédagogiques sont souvent perpétrées par des parents d'élèves...

Delphine Bancaud

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Une classe d'école élémentaire à Lyon le jour de la rentrée, le 2 septembre 2014
Une classe d'école élémentaire à Lyon le jour de la rentrée, le 2 septembre 2014 — Jeff Pachoud AFP

Enseigner n’est pas toujours le plus beau métier du monde. Car des conflits avec les élèves et leurs parents éclatent parfois, comme en témoigne le baromètre annuel du climat scolaire et des relations dans les établissements de la Fédération des Autonomes de Solidarité Laïque (ASL) publié ce jeudi. 20 minutes a retenu cinq chiffres clé tirés de ces statistiques, qui témoignent des litiges vécus par le personnel de l’Education nationale.

5.911 conflits enregistrés en 2013-2014

Alors qu’en 2012-2013, 5.816 dossiers de protection juridique étaient traités par la Fédération des ASL en raison des agressions subies par ses adhérents (enseignants, directeurs d’établissements…), ils ont été 5.911 cette année. Un chiffre important, mais qui ne bondit pas donc. «La tendance est à la stabilisation des conflits alors qu’ils augmentaient ces dernières années. C’est sans doute dû aux recrutements effectués dans l’Education nationale, car en encadrant mieux les élèves, on diminue logiquement le risque de tensions. Et la création en 2012 du métier d’assistant chargé de prévention et de sécurité a joué», explique Daniel Husson, secrétaire général de la Fédération des ASL.

67 % des cas concernent des violences psychologiques

Insultes, menaces, diffamation et harcèlement. Voilà les principaux maux que subissent les personnels de l’Education nationale et qui concernent 4.013 des affaires dont s’est saisie la Fédération des ASL. «Même si l’école n’est pas un lieu de conflit permanent, il arrive souvent que les parents d’élèves ou les élèves eux-mêmes ne comprennent pas une mauvaise note ou une sanction. Ils la contestent et le ton monte parfois vite, d’où les insultes et menaces. La diffamation et le harcèlement, sont davantage le fait de collègues ou de supérieurs hiérarchiques. Ce qui est le signe d’une mauvaise ambiance interne dans certains établissements et prouve que certains chefs d’établissements sont insuffisamment formés à la gestion des ressources humaines et à la gestion des conflits», souligne Daniel Husson. En revanche les agressions physiques sont plus rares, puisqu’elles n’ont représenté que 6% des dossiers gérés par l’ASL cette année.

Plus d'un conflit sur deux implique les parents d’élèves

«Les parents ne comprennent pas toujours les règles de l’école, le mode de notation ou les sanctions. Et certains englués par leurs propres problèmes, n’ont parfois pas le temps de prendre de la distance par rapport à un conflit scolaire qui touche leur enfant. D’où des situations qui peuvent dégénérer lorsque le dialogue n’est pas fluide avec l’enseignant ou le directeur d’école», explique Daniel Husson

Près d’un conflit sur deux a lieu dans le primaire

Incroyable, mais vrai. «Si les tensions entre les élèves et l’équipe pédagogique sont plus fréquentes dans le second degré, les litiges entre les parents et les enseignants sont plus courants dans le premier degré. Car les parents suivent davantage la scolarité de leurs enfants en primaire. En cas de mauvaise note ou de suspicion d’injustice, ils ont parfois tendance à surréagir», observe Daniel Husson.

Les chefs d’établissements ont 25 % plus de risque de conflits que les autres personnels de l’Education

C'est proportionnellement  la frange du personnel éducatif la plus exposée aux violences scolaires. D’ailleurs en 2013-2014, 1.461 d’entre eux ont déposé un dossier de protection juridique à l’ASL alors qu'ils ne représentent que 6% des adhérents. «Le chef d’établissement récupère généralement les situations conflictuelles vécues en classe. C’est à lui de monter au créneau pour tenter de résoudre le conflit. Et parfois, il n'y parvient pas», souligne Daniel Husson.