Braquage d’une bijouterie et prise d’otage à Paris: Les voleurs présumés «n'avaient pas l'air crédibles du tout»

FAITS DIVERS Les auteurs du braquage d’une bijouterie Cartier et d’une prise d’otage mardi soir à Paris n’étaient visiblement pas des professionnels…

Anissa Boumediene

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Des policiers devant la boutique Cartier des Champs-Elysées qui a été braquée, le 25 novembre 2014.
Des policiers devant la boutique Cartier des Champs-Elysées qui a été braquée, le 25 novembre 2014. — AFP PHOTO / ELIOT BLONDET

On pourrait croire au scénario du dernier film de Luc Besson. Tous les ingrédients sont là: braquage d’un grand joaillier, tirs, course-poursuite rocambolesque dans les rues de la capitale et même une prise d’otage. L’affaire est pourtant bien réelle. Ce mardi, il est 18h30 lorsque deux hommes armés font irruption dans la bijouterie Cartier de la rue François-1er, dans le triangle d’or parisien. Après avoir récupéré montres et solitaires en diamant, les deux suspects s’échappent à bord d’un puissant scooter. S’ensuit une course-poursuite qui prend fin près de la rue Dalou (15e) lorsqu’un des braqueurs perd le contrôle du deux-roues. Blessés lors de la chute, ils se retranchent dans un salon de coiffure, prenant le gérant en otage. Avant de se rendre peu après à la police. 20 Minutes dresse le portrait de ces braqueurs décrits comme «amateurs».

Un casier bien rempli

Agés de 23 et 30 ans, les deux suspects originaires de Seine-Saint-Denis sont connus des services de police. «Le plus jeune a un casier bien rempli, confie à 20 Minutes une source policière, il est déjà connu pour des faits similaires de vols avec violences, même si le braquage de la bijouterie Cartier est sans doute le plus ambitieux qu’il ait commis.» Son complice, qui après son placement en garde à vue, refusait de révéler son nom aux enquêteurs de la brigade de répression du banditisme (BRB), a lui aussi un casier judiciaire rempli, quoique «moins fourni que son complice», explique cette source. «L'un d'eux serait domicilié à Noisy-le-Sec», a précisé une autre source proche de l'enquête, alors que des perquisitions sont en cours en Seine-Saint-Denis.

Lourdement armés mais «pas très pros»

Armés d’un fusil d’assaut de type Kalachnikov et d’un pistolet 9mm, les deux hommes ont pris «tous les solitaires et des montres avec des diamants», témoigne Bénédicte, une cliente présente dans la bijouterie lors du braquage. Un butin de choix, facile à écouler à la revente. Pourtant, les suspects ont plutôt été perçus comme des amateurs. «Ils m'ont dit: c'est un cambriolage, suivez-moi... Ils n'avaient pas l'air crédibles du tout, personne n'y croyait», poursuit la jeune femme, répétant à l’envi que «les deux hommes n'avaient pas l'air professionnels», bien que lourdement armés. «On s'est retrouvé dans une pièce tous allongés par terre, les mains derrière le dos», raconte-t-elle. Mais alors que trois clients et onze membres du personnel étaient présents dans le magasin durant l’attaque, les braqueurs «se sont rendu compte qu'ils n'avaient pas assez de menottes pour attacher tout le monde... Ils ont attaché trois personnes», se souvient Bénédicte avant d’ajouter encore une fois qu’«ils n'avaient pas l'air très pros, ça a pris un temps fou».

Apparemment surpris par l’arrivée rapide de la police sur les lieux, «ils n'ont pas eu le temps d'ouvrir beaucoup de vitrines. (..) Tout de suite, il y a eu des sirènes dehors, ça les a paniqués», explique la jeune femme. «Ils sont un peu abrutis», s'est moqué un policier ce mercredi au micro d’Europe 1.

Cernés par la brigade de recherche et d'intervention (BRI), les deux suspects retranchés dans un salon de coiffure avec le gérant en otage se sont rendus rapidement, penauds, les mains en l'air. En garde à vue dans les locaux de la BRB, les deux hommes sont entendus ce mercredi par les enquêteurs.