Covoiturage entre une juge et des accusés: La magistrate s'en sort bien

JUSTICE La magistrate suppléante avait transporté deux des accusés entre Montpellier et Millau...

20 Minutes avec AFP

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Capture d'écran du site Blablacar (voyage Montpellier-Millau).
Capture d'écran du site Blablacar (voyage Montpellier-Millau). — BLABLACAR

Ça roule pour elle. Une magistrate suppléante de la cour d'assises de l'Aveyron, qui avait transporté mi-novembre en covoiturage deux des dix-huit accusés qui comparaissaient notamment devant elle, ne subira aucune sanction, a-t-on appris lundi de source judiciaire à Montpellier.

Cette magistrate a été reçue par le premier président de la cour d'appel de Montpellier et a affirmé «n'avoir pas reconnu les deux hommes» qu'elle a chargé dans son véhicule, a indiqué cette source, précisant qu'il n'y avait «pas d'élément intentionnel» et «donc pas de sanction».

Pas un mot sur le procès pendant le trajet

Les deux accusés avaient trouvé sur un site internet dédié au covoiturage un conducteur acceptant, contre rémunération, de les acheminer de Montpellier, où ils avaient passé le week-end, à Millau, leur lieu de résidence.

Chemin faisant, les deux hommes ont réalisé que la conductrice n'était autre que la juge suppléante de la cour d'assises devant laquelle ils étaient jugés. Cependant, selon les propos rapportés par leurs avocats à l'AFP, les deux accusés n'auraient pas évoqué le procès avec la conductrice pendant le trajet.

Cette dernière, qui pouvait remplacer au pied levé l'un des trois magistrats professionnels du jury en cas d'indisponibilité soudaine, a assisté à l'intégralité du procès débuté fin septembre. En tant que suppléante, cette magistrate n'était pas censée prendre part au délibéré.

Rejet des demandes d'enquête

Les avocats de ce dossier ont déposé des conclusions demandant notamment une enquête mais lundi après-midi le président de la cour d'assises, Régis Cayrol, a rejeté cette demande et repris l'audience normalement, a encore indiqué la même source.

Débuté depuis six semaines, ce procès tente de faire la lumière sur l'assassinat le 8 mai 2010 à Millau (Aveyron) d'un jeune Antillais de 20 ans, Jean-Ronald d'Haity, lors d'une expédition punitive. L'avocat général doit prendre ses réquisitions jeudi ou vendredi, tandis que les jurés rendront un verdict à la fin du mois.