Il est «un peu acide» mais n’a pas le goût de banane: «Le Beaujolais nouveau est arrivé!»

VIN Le célèbre vin nouveau a commencé à couler des tonneaux à minuit…

Vincent Vantighem

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Beaujeu (Rhône), le 19 novembre 2014. Les amateurs dégustent le Beaujolais nouveau.
Beaujeu (Rhône), le 19 novembre 2014. Les amateurs dégustent le Beaujolais nouveau. — JEFF PACHOUD / AFP

Attendre minuit en grelottant de froid pour se faire mal à l’estomac… Ils étaient quelques milliers à patienter, la nuit dernière, sur la place de l’église de Beaujeu (Rhône) que le speaker s’écrie enfin «Le Beaujolais nouveau est arrivé!» Le célèbre vin primeur a commencé à sortir des tonneaux, enthousiasmant les fidèles qui sont venus plus pour «l’ambiance» que pour le goût.

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Huit heures plus tôt dans un grand restaurant tokyoïte (Japon), une centaine d’amateurs, foulard rouge noué autour du cou et canotiers sur la tête, s’étaient livrés au même cérémonial, s’écriant «Trois, deux, un… kanpai! (santé en japonais)» L’an dernier, le pays a importé 59.183 hectolitres, soit 7,9 millions de bouteilles, loin devant les Etats-Unis (1,8 million) et l’Allemagne qui complète le podium avec 730.000 «flacons».

«Et la pizza, quel goût a-t-elle?»

Mais, alors, quel goût a le Beaujolais cette année? «Un peu acide», reconnaît Daniel, un sexagénaire jurassien qui fait chaque année le déplacement au cœur des vignes pour célébrer l’événement. «On sait que ce n’est pas le meilleur…», confie-t-il dans un éclat de rire.

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Mais ironie mordante chez cette vigneronne enthousiaste à qui l’on demande de décrire le goût. «Et la pizza, cette année, quel goût a-t-elle?», lâche-t-elle. «Il y a 2.000 vignerons dans le Beaujolais, tous des petites structures, qui font tous un vin différent.»

Le goût de banane a disparu

Seul certitude, le fameux arôme de banane qui a fait le succès et le désamour de ce vin «mal élevé» ne viendra pas titiller les papilles des amateurs. «C’était dû à une levure ajoutée dans le vin qui avait comme effet secondaire ce goût, décrypte Mélina Condy, de l’inter-beaujolais. Mais elle n’est plus utilisée aujourd’hui…»

Restent le fruit et la légèreté, mais là aussi, tout dépend des goûts des vignerons. «Nous, on fait deux types de primeurs, indique Fabien Chasselay, en charge de la vinification. Le premier est tout en fruit, en souplesse. Il macère 6 à 8 jours en grappes entières. Et le second, qui a plus de volume, de tanin, suit une vinification de type vin de garde: égrappé à 50% pendant 12 à 15 jours…»

Seul point commun: l’aspirine à prendre le lendemain matin.