Dates de péremption: «Je consomme régulièrement des yaourts vieux de plusieurs semaines»

VOUS TÉMOIGNEZ Ces internautes de «20 Minutes» consomment des produits largement périmés…

Christine Laemmel

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Une épicerie sociale de Saint-Denis (93) vend des produits à quelques jours de leur date de péremption
Une épicerie sociale de Saint-Denis (93) vend des produits à quelques jours de leur date de péremption — SIMON ISABELLE/SIPA

«Les dates de péremption, c’est comme les factures, le jour J, les gens payent. Et quand la date de péremption arrive, on jette, sans réfléchir.» Yves, internaute rebelle, se désole. Du panurgisme des Français, selon lui, et de la main mise de l’industrie agroalimentaire. Ce sexagénaire résiste. «Je n’aime pas jeter». Comme Alexis et Sylvie, il n’hésite pas à consommer des produits dont la date de péremption est dépassée, de plusieurs mois parfois. Au lendemain de la diffusion du documentaire de France 5, «Les dates de péremptions sont-elles périmées?», ces consommateurs témoignent.  

«Quand j’ouvre l’emballage, si je sens une odeur, je ne mange pas»

Alexis, 35 ans, consomme régulièrement des produits périmés. De quelques jours de rab pour les produits «sensibles» comme la viande ou le poisson à plusieurs semaines pour les yaourts ou les œufs. «Les boîtes de conserve, je ne regarde même plus les dates», nous dit ce cadre en informatique. Inconscient? Pourtant, sa désinvolture va dans le sens des experts interrogés par France 5. Ni bombée ni rouillée, une conserve pourrait être consommée dans les dix ans. Dans son réfrigérateur, Yves a utilisé la semaine dernière une pâte brisée dont la date de péremption indiquait «18 juillet 2014». «Je l’ai goûtée crue, elle n’était pas rance, explique Yves. Qu’est-ce que vous voulez qu’il arrive à cette pâte conservée à 6°C?». Si la texture change parfois, comme pour les yaourts «quand on dépasse un mois», selon Alexis, le goût, lui, est intact. Et la qualité aussi.

Peu convaincus par le repère de la date, ces internautes font confiance à leurs cinq sens. «Quand j’ouvre l’emballage, si je sens une odeur, je ne mange pas, nous dit Alexis, c’est un peu au feeling.» La viande un peu noircie, «selon ce que c’est, ce n’est pas très grave», enchaîne Yves. «Je lave les morceaux et je les fais cuire». Pour les œufs, Alexis a dégoté une technique très simple sur Internet. «Je plonge l’œuf dans un saladier d’eau froide. S’il flotte, c’est qu’il n’est plus consommable. Mais de toute façon, quand on le casse, on sent très vite s’il est encore bon.»

«Les dates de péremption sont faites pour que les gens achètent»

«Les dates de péremption ne veulent pas dire grand-chose, appuie Yves, il faut juger la globalité.» Lors de l’achat, ce consommateur vérifie la date d’emballage et les tampons sanitaires. «Si une viande a une couleur rouge alors qu’elle a été emballée il y a une semaine, ça veut dire que c’est trafiqué», accuse-t-il, racontant avoir déjà jeté un morceau avarié, bien que pas encore «périmé», selon la date indiquée. «Les dates de péremption sont faites pour que les gens achètent, est-il persuadé, l’industrie agroalimentaire a pris la main» sur notre manière de consommer.

La date de péremption ne serait pour Alexis qu’«une sécurité pour la personne qui crée le produit», pas pour celle qui le mange. «Ils veulent prendre le moins de risques possible d’être mis en cause, alors ils prévoient d’énormes marges. On est dans un excès de sécurité en général et les dates de péremption en font partie.» Pour ne pas laisser moisir votre libre arbitre, vous pouvez toujours visionner le documentaire de France 5 en replay par ici