Mort du patron de Total à Moscou: Des juges français ont été saisis de l'enquête

ENQUETE Christophe de Margerie est décédé en octobre...

20 Minutes avec AFP

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Le cercueil de Christophe de Margerie porté à l'issue de ses obsèques le 27 octobre 2014 à l'église Saint-Sulpice à Paris
Le cercueil de Christophe de Margerie porté à l'issue de ses obsèques le 27 octobre 2014 à l'église Saint-Sulpice à Paris — Stéphane de Sakutin AFP

Des juges d'instruction français vont enquêter sur le décès en octobre de l'ancien PDG de Total Christophe de Margerie, dont le Falcon avait percuté un chasse-neige sur un aéroport moscovite. Le parquet de Paris a ouvert lundi une information judiciaire pour «homicides involontaires par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence», a précisé une source judiciaire.

L'enquête française était jusqu'à présent conduite par le parquet, qui avait saisi la section de recherche de la gendarmerie des transports aériens et adressé des demandes d'entraide pénale aux autorités russes. Deux magistrats instructeurs parisiens sont désormais saisis.

0,6 gramme d'alcool par litre de sang au moment du drame

Le décès de cette figure emblématique du patronat français, avait profondément choqué au sein du géant pétrolier, première entreprise de l'Hexagone par les bénéfices, et deuxième par la capitalisation boursière. L'avion privé qui transportait Christophe de Margerie a percuté un chasse-neige alors qu'il s'apprêtait à décoller de Vnoukovo, l'un des trois aéroports internationaux de Moscou pour se rendre à Paris.

Fin octobre, le Comité d'enquête russe avait annoncé que les cinq employés de l'aéroport de Vnoukovo arrêtés dans le cadre de l'enquête russe avaient été inculpés. Parmi eux, figurent le conducteur du chasse-neige, qui avait 0,6 gramme d'alcool par litre de sang au moment du drame, un ingénieur en chef, le responsable du contrôle des vols, un contrôleur aérien et une aiguilleuse du ciel.

Les pilotes de l'avion avaient vu un chasse-neige sur la piste

A partir des enregistrements audios issus d'une des boîtes noires de l'avion et des vidéos des caméras de surveillance de l'aéroport, des experts ont établi que les pilotes de l'avion avaient vu un chasse-neige sur la piste. Mais le véhicule ayant disparu, le pilote a continué la procédure de décollage, et n'a aperçu le chasse-neige, revenu sur la piste pour une raison encore inconnue des enquêteurs, que trois secondes avant l'impact.

L'avion a alors basculé sur le côté droit, avant de s'écraser, ce qui a causé la mort des quatre personnes à son bord.