Le procès en appel de Tony Meilhon renvoyé en raison de la grève des avocats

JUSTICE Condamné à la perpétuité en 2011 pour le meurtre de Laëtitia Perrais, Tony Meilhon devait être jugé en appel à Rennes (Ille-et-Vilaine)...

V.V (avec Camille Allain, à Rennes)

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Procès en appel de Tony Meilhon à Rennes le 18 novembre 2014.
Procès en appel de Tony Meilhon à Rennes le 18 novembre 2014. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Dernière minute: 13h. Le procès ne devrait pas être audience avant la mois de mai selon des sources judiciaires

Le procès en appel de Tony Meilhon qui devait s'ouvrir, ce mardi, à Rennes (Ille-et-Vilaine) a été reporté en raison de la grève des avocats. Condamné à la prison à perpétuité en 2011, lors du procès en première instance, pour le meurtre de Laëtitia Perrais, Tony Meilhon devait être jugé jusqu'au 2 décembre. Aucune information sur la date à laquelle le procès a été de nouveau fixé n'a été communiquée pour le moment. 

>> Les faits: Risque de renvoi pour le procès en appel de Tony Meilhon

Le président de la cour d'assises d'appel de Rennes a ordonné le renvoi du procès à une date ultérieure, notamment demandé par l'avocat de Tony Meilhon, Fathi Benbrahim. Une «grève totale de toutes les audiences» a été votée lundi par les avocats du barreau de Nantes -où Meilhon avait été jugé en première instance- dans le cadre d'un mouvement national de protestation contre la réforme Macron.

Meilhon respecte la décision des avocats

A l'issue de son premier procès à Nantes en mai/juin 2013, Tony Meilhon a été condamné à la prison à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans. Une peine assortie d'une possible «rétention de sûreté» s'il était jugé encore dangereux au terme de sa détention. Avant l'annonce de la suspension du procès, Tony Meilhon, crâne rasé et habillé d'un blouson rouge à bandes blanches et d'un jean, avait déclaré «respecter la décision des avocats qui font grève pour que la justice se fasse dans de bonnes conditions».

S'adressant au président de la cour d'appel Philippe Dary, son avocat s'était dit «contraint de solliciter le renvoi de cette audience, même si je peux mesurer la difficulté que cela représente pour les familles des victimes».

L'avocate des parties civiles regrette

«J'ai décidé de faire grève compte tenu du dépôt du projet de M. Macron qui impacte fortement et gravement notre profession et des décisions des barreaux de Nantes, Saint-Nazaire et Rennes, qui ont décidé de faire la grève des audiences», avait expliqué Fathi Benbrahim, l'un des autres avocats de l'accusé.

«Je comprends que l'on veuille attirer l'attention. Mais nous sommes là face à une des affaires les plus graves avec des familles en souffrance», a défendu l'avocat général, qui plaidait pour un maintien de l'audience. «Il va falloir indemniser les magistrats, les témoins, les jurés. Je ne suis pas sûr que l'institution en ait les moyens», a-t-il poursuivi. Les parties civiles ont elles demandé le renvoi «en accord avec leur client». «Ma cliente a connu trois procès d'assises en un an et demi. Elle est très fragile, mais elle a compris notre mouvement», a déclaré Cécile de Oliveira, avocate de Jessica Perrais, soeur de la victime.