15 ans du Pacs: Fermement opposés au projet, ils ont changé d’avis

PACS Banalisé aujourd'hui, le Pacs enflammait alors l'Assemblée nationale...

Thibaut Le Gal

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Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Jacques Chirac, et Jean-Marie Le Pen étaient opposés au Pacs en 1999.
Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Jacques Chirac, et Jean-Marie Le Pen étaient opposés au Pacs en 1999. — IAFRATE PATRICK, CHAMUSSY, WITT, SICHOV.

Quinze ans après son adoption par le gouvernement Jospin, le Pacs (Pacte civil de solidarité) s’est banalisé. A l’époque, pourtant, les débats enflammaient l’Assemblée nationale. Mais les détracteurs d'alors ont au fil des années évolué à son sujet. 20 Minutes vous en présente quelques-uns.

Jacques Chirac

En juin 1998, soit quelques jours après le dépôt du projet de loi, le président de la République déclare: «Il ne faut pas prendre le risque de dénaturer le droit du mariage ni de le banaliser, en mettant sur le même plan d´autres réalités humaines de notre temps, qui conduisent bien loin des valeurs fondatrices de la famille». En 1999, il réitère dans une lettre au président de l'Unaf (Union nationale des associations familiales) Hubert Brin, estimant que «ce texte, dans son esprit comme dans ses conséquences, est inapproprié» car il «ne comporte aucune sécurité, notamment en cas de rupture, ni pour l'enfant, ni pour le contractant le plus vulnérable, le plus souvent la mère».

Puis la position de Jacques Chirac évolue, comme lors de cette interview télévisée donnée le 14 juillet 2004. «On a créé le Pacs. C'est parfait. A l'expérience, il apparaît que ce Pacs pourrait être amélioré et je souhaite qu'on l'améliore»

Nicolas Sarkozy 

Celui qui est alors secrétaire général du RPR vote contre le Pacs en 1999, comme la quasi-totalité de son parti, affirmant qu’«une famille, c’est un homme, une femme, des enfants». Dans une interview à Têtu en avril 2007, l’ancien chef de l’Etat reconnaît son erreur. «Oui, nous sommes passés à côté du Pacs. Je l’ai dit dès 1999 dans un discours, à Lyon. Je ne fais pas un coming out pour cause d’élection présidentielle, je dis cela depuis huit ans».

François Bayrou et les centristes

Au moment du vote, l’UDF (Union pour la Démocratie Française) s’oppose au projet de loi. (Seul Gérard vote pour, Jean-Louis Borloo s’abstient). A l’image de François Bayrou, les mentalités changent. En 2002, le candidat à la présidentielle fait son mea culpa au magazine Têtu. «Je pense que nous nous sommes très mal exprimés sur le Pacs, moi y compris. Nous n’avons pas su faire la différence entre l’essentiel et l’accessoire. L’essentiel, c’était la reconnaissance des couples homosexuels. […] Le Pacs a été ressenti, probablement à tort, comme un contre-modèle et, donc, comme une agression contre la famille. C’est sur ce point que nous nous sommes trompés.»

Le Front National

Le Front national est à l’époque opposé au Pacs. En 2006, Jean-Marie Le Pen explique ne pas voir «beaucoup d'intérêt à cette formule, mais dans le fond, si elle permet à certaines personnes de se témoigner réciproquement de leurs intérêts matériels, je ne vois pas d'inconvénient». A l’époque, le programme du FN promet pourtant son abrogation. Depuis sa prise de pouvoir, Marine Le Pen se dit favorable au Pacs. La leader frontiste proposait même en octobre dernier un «Pacs amélioré» pour remplacer le mariage homosexuel.

L’Eglise catholique

A l’époque, la conférence des évêques de France dénonce «une loi inutile et dangereuse», arguant que «la société n’a pas à reconnaître toutes les associations affectives qui relèvent de l’expérience singulière de chacun et du domaine du privé».

Au fil des années, une partie des catholiques accepte l’union civile des homosexuels. Le mariage pour tous a notamment permis de franchir une étape. «Moi une union homosexuelle, je veux bien écouter, reconnaître, accompagner. [...] Je ne veux pas qu’on appelle cela mariage, c’est tout.[…] Il y a le Pacs, je crois qu’on peut l’améliorer», explique par exemple Monseigneur Gérard Daucourt, évêque du diocèse de Nanterre sur France Inter, le 19 septembre 2012.