Qui est Yéro, nouveau symbole des manifestations étudiantes?

MANIFESTATIONS Son nom s'affiche sur les pancartes des lycéens qui manifestent...

T.L.G.

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Pancarte brandie par des lycéens lors de la manifestation
Pancarte brandie par des lycéens lors de la manifestation — 20minutes/t.legal

Il est le nouveau symbole d’une jeunesse qui gronde. Yero est un jeune lycéen sans-papiers menacé d’expulsion. Son nom s’affiche sur les pancartes des lycéens rassemblés pour protester contre la mort de Rémi Fraisse et les violences policières ces derniers jours. «Rendez-nous Yero» entonnaient notamment les manifestants qui défilaient à Paris ce jeudi. Qui est Yéro Sall? 20 Minutes fait le point.

 

Yero serait un jeune lycéen mauritanien de 17 ans. Il a été arrêté par les forces de police le 25 octobre dernier à la suite d’un contrôle d’identité, dans le XIe arrondissement de Paris, à proximité de l’hôtel social où il réside. «Yero Sall n’avait sur lui que son pass de métro», explique Marianne Cabaret, sa «marraine» membre de RESF (Réseau éducation sans frontières) à L'Obs. Yero est placé en centre de rétention à Vincennes depuis son interpellation.  

17 ou 23 ans?

Le collectif qui milite contre l'éloignement d’enfants étrangers scolarisés en France, explique sur son site que le jeune homme a été arrêté après que la police a «constaté que ses empreintes correspondaient au passeport d’un certain Idrissa Sall, 23 ans, sénégalais».

Ce serait en réalité sa mère, sénégalaise, qui aurait acheté ce passeport pour pouvoir envoyer son fils en France, avec un visa de sept jours. «Ce fameux passeport, Yéro ne l’a plus car il lui a été repris par un correspondant du passeur, dès son arrivée sur le sol français», détaille Annick Vignes, du RESF dans une tribune à Mediapart.

Ce qui est en jeu, c’est l’âge du jeune immigré. S’il est mineur et scolarisé, la France lui doit «protection en vertu de ses engagements sur les droits des enfants». Dans l’autre cas, «il est un adulte, majeur, immigré entré illégalement en France et expulsable à tout moment». La préfecture de police privilégierait la deuxième hypothèse.

Mobilisation de son lycée

Le RESF maintient que le jeune homme est bien «fils d’éleveurs peuls», arguant qu’il ne parlait que la langue de son peuple et un petit peu l’arabe lors de son arrivée en France. Né de père mauritanien et de mère sénégalaise, Yéro Sall aurait appris le français en CSI (classe d'insertion et de scolarisation) aux lycées Guimard puis Turquetil, avant d’intégrer le CAP menuiserie au lycée Léonard de Vinci.

Autre preuve avancée: le jeune homme serait «intarissable sur les animaux qu’il gardait dans la brousse, les trois heures de piste qui séparait le hameau de sa famille du chef-lieu mauritanien le plus proche (Sélibaby)».

Yero a été présenté à l’ambassade du Sénégal le 4 novembre, «dernière étape avant l’expulsion». La préfecture de police de Paris a reçu lundi une délégation (trois lycéens et une prof) de soutien. «Ils n’ont rien voulu entendre, ils disent être en phase de réflexion sur ce dossier, mais qu’ils ne le libéraient pas. Ils le voient comme un fraudeur et pas comme un lycéen», se désole Marianne Cabaret-Rossi, prof d’histoire et militante à Resf dans Libération.