Mort de Rémi Fraisse: Les juges vont convoquer les gendarmes ce jeudi

JUSTICE Cette convocation vise à déterminer si Rémi Fraisse était spécifiquement visé par le tir qui lui a été fatal...

O. G.

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Cérémonie à Paris le 12 novembreen mémoire de Rémi Fraisse , mort pendant une manifestation au barrage de Sivens,
Cérémonie à Paris le 12 novembreen mémoire de Rémi Fraisse , mort pendant une manifestation au barrage de Sivens, — AFP

Les révélations sur les circonstances de la mort de Rémi Fraisse du Monde daté de ce jeudi font des remous. Selon RTL, les juges de Toulouse en charge de l'enquête sur la mort de Rémi Fraisse devraient convoquer les gendarmes ayant encadré le service d'ordre de la manifestation contre le barrage de Sivens du 25 octobre. Ainsi que ceux qui ont participé au jet de la grenade offensive qui a tué le jeune homme.

Les circonstances de la récupération du corps

Cette convocation vise à déterminer si Rémi Fraisse était spécifiquement visé par le tir qui lui a été fatal. Mais aussi à comprendre les circonstances de la récupération du corps. Selon Mediapart, le commandant du groupement de gendarmes mobiles de Limoges, qui opérait à Sivens le 25 octobre, a déclaré sur le PV que le préfet du Tarn leur avait demandé «une extrême fermeté». Ce jeudi, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a cependant assuré avoir donné «des instructions contraires».

Le lien avec le tir d'une grenade explosive n'avait été officiellement fait que deux jours après la mort du jeune homme quand le même procureur avait annoncé la découverte sur les vêtements de Rémi Fraisse de traces d'un explosif militaire entrant dans la composition de grenades offensives.

De son côté, le gouvernement répète qu’il faut laisse la justice faire son travail. Ségolène Royal, interviewée sur France Info ce jeudi matin assure que «toute la lumière sera faite. S’il y a des enregistrements, la justice est dépositaire. Un drame s’est déroulé.» Une réunion doit se tenir dans le Tarn ce jeudi sur le devenir du barrage de Sivens. «Un rapport indépendant a montré les insuffisances de ce projet, a reconnu la ministre de l’Ecologie. Mon rôle est de faire converger des points de vue apparemment irréconciliables.»

Le gouvernement rejette les accusations de dissimulation

De son côté, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, a répété qu'une transparence sur la mort de Rémi Fraisse serait «assurée par la justice», supposant qu'au départ, des précautions de langage avaient pu être prises sur «cet événement grave».

Interrogé par i>TELE sur une volonté de dissimulation après le décès du jeune manifestant sur le barrage de Sivens (Tarn), le ministre et proche du chef de l'Etat a répondu par une question: «Est-ce qu'au bout du compte, quelque chose sera caché?» Selon Le Monde daté de jeudi, les gendarmes ont eu connaissance de la gravité de la situation immédiatement après le tir de grenade qui aurait tué Rémi Fraisse. «Je n'étais même pas au courant», a relevé le porte-parole. «Des précautions ont peut-être été prises pour éviter de parler à tort et à travers, laisser la justice s'exprimer», a dit Stéphane Le Foll. Mais «la transparence elle est là, elle sera faite», a-t-il insisté.

Il s'est insurgé contre le mot de «leurre» employé la veille par le député écologiste Noël Mamère à propos des circonstances de cette mort. «Prise de position politique extrêmement lourde», «manière de faire assez incroyable», a déploré Stéphane Le Foll. «Il vaut mieux avoir une justice qui fonctionne et assure cette clarification que s'engager dans des débats très politiciens», a-t-il souhaité.