Affaire Nabilla: «Dans la plupart des violences conjugales, celui qui harcèle est celui qui frappe»

INTERVIEW Selon la psychologue et animatrice de l’émission «Psy et people», Sabrina Philippe, le couple de téléréalité manque de «capacité d’élaboration»…

W.M.

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La vedette de téléréalité Nabilla Benattia à Paris le 4 juillet 2013
La vedette de téléréalité Nabilla Benattia à Paris le 4 juillet 2013 — Fred Dufour AFP

Nabilla, bimbo sans cerveau? Criminelle? Victime de violences conjugales? L’enquête devra établir le scénario des faits qui se sont déroulés dans la nuit de jeudi à vendredi dans l’hôtel de Boulogne-Billancourt où Thomas Vergara a été poignardé. Sa fiancée, Nabilla Benattia a été placée en détention provisoire et mise en examen pour tentative d’homicide volontaire.

Pour l’heure, les différentes versions de Nabilla ont toutes été contredites soit par la victime, via son avocat, soit par la vidéosurveillance. Sabrina Philippe, psychologue, animatrice dans l’émission «psy et people» sur la chaîne Non-Stop people et dans le «Grand direct de la santé» sur Europe 1, revient sur l’affaire Nabilla pour 20 Minutes

Les célébrités de la téléréalité ont-elles des traits psychologiques communs?

Nabilla n’est pas une star au sens où elle ne dévoile pas un art. Seul son comportement est mis en avant. C’est une célébrité dont la caractéristique principale est l’exhibition. Ce que recherchent les productions d'émissions de téléréalité sont des profils types qui peuvent être scénarisés. Il y aura tout le temps l’hyper narcissique, le beau gosse… Si on choisit un introverti, il n’y en aura qu’un seul. La plupart d’entre eux sont dans «l’agir». Il faut que tout ce qu’ils font se voit.

Et Nabilla ne déroge pas à ces règles…

Sa particularité est qu’elle a su faire sa carrière sur un buzz négatif, à savoir le bashing. Il ne faut pas être si stupide que ça pour surfer sur ce trait négatif. D’ailleurs, il faut pouvoir l’encaisser. Et on mesure la difficulté de cette tâche en regardant par exemple Mélanie Laurent et les effets que le bashing peut avoir sur une personnalité. Nabilla a construit toute sa carrière dessus. Au-delà de sa personnalité, pour arriver sur D8 à une heure de grande écoute, il faut parler avec des producteurs. On n’y arrive pas comme cela du jour au lendemain. Il faut un minimum d’intelligence. Ou alors elle aurait fini comme beaucoup de starlettes qui n’arrivent pas à percer en restant candidate de téléréalité ou en faisant des photos de charme, voire même du porno.

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Qu’a révélé leur couple à travers les émissions qu’ils ont faites ensemble?

Dans certaines scènes des Anges de la réalité, on voit bien que c’est un couple qui manque de capacité d’élaboration et de réflexion. Ils ne sont pas dans la discussion et passent à l’action très rapidement, en jetant les affaires de l’autre, en claquant une porte… Quand on passe à l’action, c’est qu’il n’y a plus de mots.

On peut imaginer qu’ils jouaient, comme des comédiens pour capter l’audience…

Evidemment, il y a une part de jeu. Mais les candidats se laissent prendre à ce jeu. D’ailleurs, s’il n’y avait pas de spontanéité dans ces émissions et que tout était joué, ça ne marcherait pas auprès du public. On voit aussi que, dans ces scènes, Nabilla est une femme qui peut être violente et impulsive. Cela peut être accentué par l’alcool et la drogue.

Et Thomas, s’est-il montré lui aussi violent?

Dans un couple, de manière générale, il y a toujours quelqu’un qui a le dessus et un autre, soumis. Dans cette affaire, Nabilla et Thomas ne sont pas à égalité. C’est elle qui serait passée à l’acte violent en le poignardant. Et globalement, dans la violence conjugale, avant le passage à l’acte, il y a toujours les mots, le harcèlement. La question est de savoir qui est à l’initiative de ce harcèlement. Dans la plupart des cas, celui qui harcèle est celui qui frappe.

Il a pourtant refusé de porter plainte…

Celui qui ne porte pas plainte est généralement, dans les cas de violences conjugales que je connais, celui qui est manipulé.