Accident de Brétigny: Un rapport met l'accent sur les réductions d'effectifs à la SNCF

TRANSPORT Les juges d'instruction d'Evry avaient, eux, pointé des négligences dans l’entretien des voies...

20 Minutes avec AFP

— 

Le 15 juillet 2013. Gare de Bondy, Seine-Saint-Denis, Ile de France.  Des agents de la SNCF inspectent et resserrent si besoin les eclisses (barre metallique a 2 , 4 ou 6 trous)  des aiguillages des voies ferrees. C’est ce type de piece qui serait a l’origine de l’accident ferroviaire de Bretigny-sur-Orge. La SNCF s’est donne 15 jours pour verifier l’ensemble des 5000 eclisses du reseau ferre francais. // Photo : V. Wartner / 20 Minutes
Le 15 juillet 2013. Gare de Bondy, Seine-Saint-Denis, Ile de France. Des agents de la SNCF inspectent et resserrent si besoin les eclisses (barre metallique a 2 , 4 ou 6 trous) des aiguillages des voies ferrees. C’est ce type de piece qui serait a l’origine de l’accident ferroviaire de Bretigny-sur-Orge. La SNCF s’est donne 15 jours pour verifier l’ensemble des 5000 eclisses du reseau ferre francais. // Photo : V. Wartner / 20 Minutes — VINCENT WARTNER / 20 Minutes

«Banalisation du travail dans l'urgence», «réduction de l'effectif compétent»: un nouveau rapport présenté mercredi pour éclairer la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne) en 2013 pointe une baisse d'effectifs sur la zone «plus importante qu'ailleurs» et un «dysfonctionnement organisationnel».

La baisse des effectifs pointée

Ce document, dont l'AFP avait déjà dévoilé les grandes lignes le 25 octobre, a été établi par le cabinet Aptéis à la demande du comité d'hygiène et de sécurité (CHSCT) de l'établissement sud-ouest francilien, dont dépend Brétigny. Les élus du CHSCT, réuni mercredi à Juvisy pour examiner ce rapport, présenteront mercredi soir à la presse les «résultats définitifs de l'expertise» et «les suites qui y seront données». Selon l'expertise, qui n'est pas un document judiciaire, la baisse des effectifs dans cette zone «semble y avoir été plus importante qu'ailleurs».

Insuffisances en matière de prévention des risques

Ainsi, entre 2000 et 2012, l'effectif de la brigade de Brétigny chargée de surveiller les voies dans le secteur «a été divisé par deux», passant de 16 à 8 personnes, pointe le rapport. Cette baisse a eu des conséquences «sur les conditions d'organisation de la maintenance», la «pénibilité» et «la sécurité» des agents lors des opérations de maintenance. Dans ce contexte, l'accident «a brutalement concrétisé des insuffisances en matière de prévention des risques qui résultaient de dérives et de désordres plus anciens dans l'organisation du travail, dans ses modes d'encadrement, de pilotage autant que dans les moyens mis en oeuvre», conclut le rapport.

De fait, «l'accident du 12 juillet 2013 est avant tout le résultat d'un dysfonctionnement organisationnel», souligne-t-il. Le déraillement d'un train Paris-Limoges en gare de Brétigny-sur-Orge avait fait sept morts le 12 juillet 2013. Réseau ferré de France (RFF) et la SNCF ont été mis en examen pour homicides et blessures involontaires dans l'enquête ouverte à Evry.