Saint-Denis: Des casseurs gazent des automobilistes, brisent des vitrines et brûlent des poubelles

FAITS DIVERS La manifestation de lycéens contre les violences policières et en mémoire de Rémi Fraisse a dégénéré lundi à Saint-Denis...

C.B. avec AFP

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Les forces de l'ordre devant le Carrefour de Saint-Denis dont la vitrine a été abîmée par les casseurs, le 10 novembre 2014.
Les forces de l'ordre devant le Carrefour de Saint-Denis dont la vitrine a été abîmée par les casseurs, le 10 novembre 2014. — THOMAS SAMSON / AFP

«Cela partait d'une bonne cause, un blocus pour défendre la mémoire de Rémi Fraisse, et puis ça a dégénéré». Ariane Touko, en terminale au lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, est écœurée. La manifestation à laquelle elle et ses amis ont participé lundi a dégénéré. La faute à une centaine de casseurs, «des petits groupes très mobiles» selon la police.

 

«Ils ont arrêté des voitures, cassé les vitres, ouvert les coffres», raconte la lycéenne, qui «condamne ces violences» et s'est dite «très choquée» par une scène: celle d'une femme enceinte qui est descendue de sa voiture et a été projetée à terre. Un témoignage que les autorités n'étaient pas en mesure de corroborer dans l'immédiat.

 

«Ils sont arrivés en meute»

Ce qui est certain en revanche, c’est que les casseurs «s'en sont pris à quelques automobilistes» qu'ils ont aspergé de lacrymogène, a relaté une source policière. Ils ont également caillassé des voitures et brisé des vitrines de magasins.

Devant le supermarché Carrefour, «ça a été violent», relate Roman Miah, un vendeur de fleurs ambulant installé en face. «Ils étaient une quarantaine, ils ont voulu rentrer dans le magasin, mais les employés ont fermé le rideau métallique. Ils ont tapé dessus (...) La police est arrivée, ils sont partis en courant.»

L'un des rideaux métalliques noirs du supermarché a été à moitié défoncé. «Ils sont arrivés en meute», se désole Hacen Sana, gérant d'une boutique d'articles de sport prise pour cible. Il n'a pas assisté aux violences mais a été prévenu par ses employés, dont l'un s'est, selon son récit, retrouvé à l'hôpital pour une blessure à la jambe. Le «premier réflexe (des employés) a été de fermer le rideau», mais ils ont été «tabassés, roués de coups», raconte-t-il.

«Des jeunes du quartier ont profité de la confusion pour multiplier les vols à l'arraché»

Un bus qui passait devant le lycée a eu une de ses vitres brisées, selon la RATP, qui a interrompu plus d'une heure le trafic du tramway. La station de métro qui dessert la Basilique de Saint-Denis a également été fermée.

Parallèlement à ces débordements, «des jeunes du quartier ont profité de la confusion pour multiplier les vols à l'arraché», selon une source policière. Pour ramener le calme, la police a mobilisé environ 200 fonctionnaires, a-t-on précisé. Un hélicoptère a tournoyé au-dessus de la ville.

Outre le rassemblement devant le lycée Paul-Eluard, cinq autres lycées ont été bloqués lundi matin en Seine-Saint-Denis. L'académie a dépêché des «équipes mobiles de sécurité» pour prêter main forte aux équipes des lycées concernés, devant lesquels des poubelles ont parfois été incendiées.