Mort de Rémi Fraisse: Plusieurs manifestations interdites

MANIFESTATION La préfecture de Haute-Garonne a interdit vendredi soir une manifestation prévue samedi à 14h à Toulouse...

20 Minutes avec AFP

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Des lycéens manifestent pour protester contre la mort de Rémi Fraisse, le 7 novembre 2014 à Paris
Des lycéens manifestent pour protester contre la mort de Rémi Fraisse, le 7 novembre 2014 à Paris — Kenzo Tribouillard AFP

La préfecture de Haute-Garonne a interdit vendredi soir une manifestation prévue samedi à 14h à Toulouse sur le thème «halte aux violences policières» après la mort du jeune écologiste Rémi Fraisse, tué le 26 octobre par l'explosion d'une grenade de la police. Une manifestation similaire prévue à Rennes samedi a été également été interdite par la préfecture d'Ille-et-Vilaine.

Rémi Fraisse a été atteint lors d'affrontements survenus dans la nuit sur le site du projet de barrage contesté de Sivens (Tarn). De nombreuses manifestations ont eu lieu depuis en France pour protester contre sa mort et ont souvent donné lieu à des affrontements avec les forces de l'ordre.

Des risques d'affrontements

Dans l'arrêté publié vendredi, le préfet de Haute-Garonne Pascal Mailhos interdit la manifestation déclarée par le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) pour l«'annulation définitive du projet de barrage de Sivens» et «contre les violences policières et la militarisation par l'Etat de l'espace public».

S'il estime que la déclaration a été faite «hors délai» et ne permet pas de prévoir un «itinéraire alternatif» au trajet prévu dans le centre-ville, le préfet se fonde surtout sur le précédent de la manifestation «non déclarée» du 1er novembre, qui a conduit à «des affrontements violents» et à «des dégradations de biens publics et privés».

13 personnes sont poursuivies dont quatre ont déjà été condamnées à des peines de prison en comparution immédiate.

La mort de Rémi Fraisse «est un crime d'Etat»

Le préfet justifie l'interdiction en expliquant que «la cristallisation des oppositions liée au décès» de Rémi Fraisse rend «éminemment prévisible les risques d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre». Il relève en outre que des tracts diffusés dans une université toulousaine appellent à «prendre la rue» et «invitent les étudiants à venir munis de masques et de casques». Ces tracts ont été diffusé par un nouveau collectif T.E.S.T.E.T («Tous ensemble pour sauver le Testet et tout le reste») sans rapport avec le collectif à l'origine de l'opposition au barrage de Sivens.

Le «Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet» a d'ailleurs souligné vendredi qu'il n'appelait pas à cette manifestation, car il «appelle ou soutient uniquement les manifestations dont l'appel indique clairement qu'il y a volonté de manifester pacifiquement ». De leur côté le NPA et les co-signataires, Alternative Libertaire, Comité syndicaliste révolutionnaire, et Union antifasciste toulousaine, soulignent dans leur appel à manifester que «le choix de la violence a été fait par le gouvernement».

Selon eux la mort de Rémi Fraisse «est un crime d'Etat», il faut «établir les responsabilités à tous les niveaux» et «l'utilisatiion d'armes par les forces de l'ordre doit être prohibée».