Paris: Les clés du match entre Exposition universelle 2025 et JO 2024

CANDIDATURE François Hollande a annoncé, Jeudi soir,  la candidature de la France pour l’Exposition universelle de 2024 et a dit soutenir celle de Paris pour la JO...

Oihana Gabriel
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Vue de Paris, le 24 septembre 2013.
Vue de Paris, le 24 septembre 2013. — FRANCOLON XAVIER/SIPA

Une annonce qui ne ravit pas la Mairie de Paris. Alors qu’Anne Hidalgo montre ses réserves depuis la campagne municipale sur une éventuelle candidature de Paris pour les JO de 2024, le Président a mis un pied dans la porte en insistant lors de l’interview, ce jeudi soir sur TFI et RMC, sur son souhait de voir la capitale se lancer dans la course aux JO 2024 en plus de l'Exposition universelle de 2025. 20 Minutes dresse les points forts et les faiblesses de ces deux candidatures.

>> Retrouvez les points principaux de l'interview de François Hollande jeudi soir

Deux commanditaires différents

Pour l'Expo Universelle, c’est l’Etat qui porte cette candidature. C’est donc officiel, la France espère organiser l'Exposition universelle de 2025, un événement dont elle n'a pas été le théâtre depuis 1900. François Hollande a en effet annoncé jeudi soir sur TF1 et RMC cette candidature.

Pour les Jeux Olympiques en revanche, le Président ne peut décider seul de la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques... mais peut peser dans cette décision. S’il s'est dit «favorable» à ce que la capitale dépose un dossier pour les JO d'été de 2024, une telle candidature doit être portée par une ville, via son comité olympique national.

La position de la Mairie de Paris

Sur les Jeux Olympiques, Anne Hidalgo a clairement exposé sa position: elle ne souhaite pas que Paris se lance dans la course pour les JO. Elle avait expliqué il y a quelques mois les raisons financières de ses réserves: «Aujourd'hui, nous sommes les uns et les autres dans des contraintes financières et budgétaires qui ne me permettent pas de dire que je porte cette candidature». Le bras de fer entre Hollande et Hidalgo ne fait donc que commencer.

Pour l'Expo Universelle, Anne Hidalgo a en revanche fait part, le 4 novembre lors de son hangout mensuel de son plein soutien à la candidature de Paris et du Grand Paris à l’accueil de l’exposition universelle 2025. «Nous devons nous rassembler autour de cette candidature, avec les entreprises et en envisageant un mode de financement innovant. Cette exposition universelle pourra être non seulement un moyen de promotion des réussites françaises, mais aussi un levier pour la création d’emploi et l’indispensable transition énergétique», a-t-elle souligné. Et la maire de promettre: «Je compte beaucoup m’investir sur ce projet. J’y travaille avec mes équipes, car sa préparation et son montage doivent nous mobiliser dès maintenant».

>> «Il y a un certain nombre de réticences avec la ville»

Organisation et calendrier

L'Expo Universelle, elle, bénéficie déjà d’une association ExpoFrance 2025. Lancée par Jean-Christophe Fromantin, le maire (UDI) de Neuilly (Hauts-de-Seine), elle milite pour que les grandes métropoles françaises et le Grand Paris accueillent l'événement. Les manifestations ne seraient pas centrées sur un seul lieu, mais sur un territoire comprenant quelque 200 sites différents autour de Paris. Dans un rapport remis à Claude Bartolone le 29 octobre 2014, les défenseurs pointent que «la tenue d’une exposition universelle permettra l’accélération des infrastructures de transport dans le Grand Paris (...) ainsi celle du chantier de la couverture numérique du territoire». Et cette association a reçu de nombreux soutiens. Notamment celui du Conseil régional qui a adopté en juin 2014 un vœu de soutien à l'association ExpoFrance 2025. Côté calendrier, il faudra avoir déposé la candidature du pays à partir de 2016. Et le Bureau international des Expositions prendra sa décision en 2019 au plus tard. Londres étant déjà candidate officielle, c’est l’occasion pour Paris, doublée par Londres pour les JO d’été de 2012, de prendre sa revanche.

Côté Jeux Olympiques, le Comité national olympique du sport français (CNOSF) doit rendre un rapport en janvier 2015 aux responsables politiques et locaux. Paris a jusqu’à septembre 2015 pour soumettre sa candidature par un comité national olympique. Et la 130e session du CIO élira entre juillet et septembre 2017 la ville hôte des jeux olympiques d'été de 2024. Deux villes allemandes sont déjà en lice: Hambourg et Berlin.

Quel coût?

Selon un article du Figaro, déposer une candidature pour les Jeux Olympiques peut atteindre 100 millions de dollars…  Tokyo, candidat pour 2020, a ainsi dépensé plus de 83 millions de dollars, soit environ 62 millions d'euros, pour faire acte de candidature. Et au total, la France a déjà investi 120 millions d’euros juste pour défendre ses quatre derniers dossiers de candidature aux Jeux olympiques: Lille 2004, Paris 2008 et 2012, et Annecy 2018. Quant au coût à l’arrivée, il se chiffre en milliards. Londres avait dépensé environ 11,5 milliards d’euros en 2012 pour organiser le grand rendez-vous planétaire. Mais l'événement a été un facteur primordial dans la réduction de 1,2 pour cent du taux de chômage, début 2012 selon des experts indépendants. En tout, plus de 46 000 personnes ont travaillé au Parc olympique.

Concernant l'Expo universelle, difficile d’estimer aujourd’hui à combien s’élèverait la note. D’autant que Jean-Christophe Fromantin, président d’ExpoFrance 2025, définit un projet ambitieux sans être trop coûteux. Il avance que «le projet d'EXPOFRANCE 2025 est de proposer aux pays, non pas de construire de grands pavillons, mais de revisiter ce patrimoine.» A titre de comparaison, la prochaine exposition universelle, qui se tiendra à Milan en octobre 2015 devrait coûter plus de 20 milliards d'euros. Mais l’organisation d’un tel événement pourrait engendrer 70.000 emplois entre 2010-2015.