Mort de Rémi Fraisse: La police évacue un campement écologiste de Rouen

MOBILISATION Les policiers ont commencé à démanteler le camp en faisant usage de gaz lacrymogènes...

20 Minutes avec AFP

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Une mobilisation après la mort de Rémi Fraisse à Montpellier, le 1er novembre 2014.
Une mobilisation après la mort de Rémi Fraisse à Montpellier, le 1er novembre 2014. — Alain ROBERT/APERCU/SIPA

Les forces de l'ordre ont évacué vendredi vers 4h30 du matin le campement qu'une centaine de militants écologistes avaient installé depuis mardi soir, dans le centre de Rouen à la mémoire de Rémi Fraisse. Les policiers venus à bord de plus d'une vingtaine de cars de CRS ont poussé les occupants hors du camp et commencé à le démanteler, en faisant usage de gaz lacrymogènes.

Ils appliquaient une ordonnance en référé d'évacuation à la demande de la mairie socialiste de Rouen, rendu la veille par le président du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Rouen. L'opération s'est déroulée très rapidement, les manifestants n'opposant pas de résistance. Au nombre d'environ une centaine, des jeunes hommes et femmes, de différentes mouvances écologistes et anarchistes, ils s'étaient regroupés et scandaient «pas de violence», «pacifistes», ou «tous ensemble ouais».

Engager le dialogue sur les «violences policières»

Les protestataires avaient érigé rapidement leur ZAD («zone à défendre») mardi soir à l'issue d'un rassemblement à Rouen, à la mémoire du jeune botaniste, tué par l'explosion d'une grenade lancée par un gendarme le 26 octobre, lors d'une manifestation contre le barrage de Sivens, dans le Tarn. Ils s'étaient installés sur la place Foch, une petite place le long de la rue Jeanne d'Arc, grande artère de la ville, en face d'une aile du palais de justice.

Le campement comprenait une douzaine de tentes, une cabane et des stands construits avec des palettes et du carton, et un «salon de discussion» avec canapés. Un manifestant s'était installé la dernière nuit en haut d'un arbre. Bien visibles, ils invitaient la population à engager le dialogue sur les «violences policières», servaient des boissons chaudes et proposaient un peu de nourriture.

«Nous ne revendiquons rien: c'est la possibilité même de lutter et d'envisager d'autres futurs qui est en jeu», proclamaient leurs tracts. Les manifestants s'attendaient à être délogés mais n'ont pas voulu partir d'eux mêmes, bien qu'avertis par des représentants de la mairie que leur évacuation avait été réclamée. «Nous resterons ensemble et nous attendrons le dernier moment pour partir» avait indiqué un militant ayant requis l'anonymat.