Survol de centrales nucléaires par des drones: Les responsables toujours pas identifiés

DECRYPTAGE Si trois personnes ont été interpellées avec un drone à proximité d’un centrale dans le Cher, elles ne sont pas les auteurs des survols depuis octobre, annonce une magistrate…

Anne-Laëtitia Béraud

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Un drone équipé d'une caméra HD.
Un drone équipé d'une caméra HD. — XAVIER FRANCOLON/SIPA

Trois personnes ont été interpellées mercredi après-midi dans le cadre de l’enquête du survol de centrales nucléaires françaises par des drones. Ces arrestations sont les premières depuis qu'une quinzaine de vols de drones ont été signalés depuis début octobre. 20 Minutes vous détaille les principales questions autour de ce fait divers qui met dans l’embarras les autorités françaises. Un point de presse du parquet de Bourges devrait être organisé ce jeudi sur cette enquête.

Où en est-on dans l’enquête de ces survols?

Deux hommes âgés de 24 et 31 ans et une femme de 21 ans ont été interpellés mercredi après-midi en possession d’un drone «à une centaine de mètres» de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire, dans le Cher. Ils ont été placés en garde à vue pour «survol volontaire par pilote d'un aéronef d'une zone interdite». Ce sont les premières arrestations dans le cadre de cette enquête. Selon i-Télé, les trois personnes étaient inconnues des services de police.

Pourquoi ces arrestations ne devraient-elles pas faire avancer l’enquête?

Ces personnes «ne sont pas soupçonnées d'être les auteurs de survols d'autres centrales nucléaires» par des drones, selon Marie-Pierre Viret, substitut du procureur de Bourges. Il s'agirait de trois jeunes passionnés d'aéromodélisme, précise Europe 1.

A-t-on une idée des auteurs de ces survols?

L’hypothèse des enquêteurs serait que les drones appartiennent «à un groupe ou une ONG préparant une communication antinucléaire», rapporte i-Télé ce jeudi. Du côté des associations, tant Greenpeace que le réseau Sortir du nucléaire ont indiqué ne pas être impliqués dans ces survols. 

Que dit la loi française en matière de survol des centrales?

En France, le survol des centrales nucléaires est interdit dans un périmètre de cinq kilomètres et de 1.000 mètres d'altitude autour des sites. Il est passible de jusqu'à un an d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

Pourquoi les drones posent-ils problème aux autorités?

Si certains drones, les plus basiques, sont radiocommandés et doivent être pilotés à distance par un opérateur caché à proximité - qui peut donc être repéré grâce aux émissions radio et arrêté - d'autres modèles sont programmables. Pour 350 à 400 euros, on trouve désormais dans le commerce des engins en plastique virtuellement indétectables. Ils volent ainsi trop bas et sont trop petits pour être détectables par les radars militaires ou civils.

Pourquoi posent-ils problème aux professionnels du secteur?

La Fédération française d'aéromodélisme (FFAM) et la Fédération professionnelle du drone civil (FPDC) ont condamné mardi dans un communiqué ces survols, qu'elles jugent contraires aux «pratiques et engagements» du secteur.

Comment bloquer des drones?

Selon le site ww.aeronewstv.com, trois systèmes utilisés par différentes armées étrangères existent pour se prémunir contre des drones: Un brouilleur anti-drone, qui bloque les transmissions entre l’opérateur et sa machine; un système à visée laser tactique pour abattre des avions et de grands drones de combat; un laser de défense chinois pour bloquer de plus petits drones.